I Had A Very Happy Childhood


Un album de sorti en chez .

C’est risqué, finalement, d’avoir un trop bon nom : marquer des points d’entrée de jeu, avant même qu’ait résonné la moindre note, nécessite une bonne dose de confiance en soi, car la réaction peut être rapide – une pression convulsive sur la touche "Eject" par exemple – en cas de déception. Film Noir, avec son […]

C’est risqué, finalement, d’avoir un trop bon nom : marquer des points d’entrée de jeu, avant même qu’ait résonné la moindre note, nécessite une bonne dose de confiance en soi, car la réaction peut être rapide – une pression convulsive sur la touche "Eject" par exemple – en cas de déception. Film Noir, avec son blaze d’une classe folle, annonciateur d’ambiances grises et interlopes, donne donc dans la grosse prise de risque. "I Had A Very Happy Childhood" permet au groupe de survivre à ces promesses à double tranchant. Non que ce soit une réelle surprise, une version démo circulant depuis plusieurs mois (avec une orthographe remaniée) ayant déjà démontré qu’il y avait bien plus derrière Film Noir qu’une chouette évocation cinématographique.

Sophistication et élégance au programme : In A Courtroom, avec son ambiance laid-back et ses échos légèrement lynchiens, accroche l’oreille. Puis très vite le groupe met le cap vers d’autres paysages avec le secouant An Accident, et surtout le limpide Red Purple Black & Blue, sans conteste le sommet de l’album, une véritable merveille mélodique et douce-amère.

Jouant volontiers sur le son de guitares vitreuses et ondulantes, Film Noir creuse son sillon, les mélodies les plus soignées (The Shooting Game, The Thief Is In The Tree) permettent d’aligner quelques jolis instants de pop enjouée. La fin de l’album sort en revanche des chantiers battus avec quelques audaces, comme ces cuivres jazzy sur The Farmer, et si l’on excepte l’énergique "It’s Goodbye", le groupe se place dans un registre plus contemplatif, rêveur (Sex With Monsters).

Cette "enfance heureuse" n’est pas exempte de petits défauts (de jeunesse). Quelques longueurs entachent les presque cinquante minutes de ce premier album. La seconde moitié du disque paraît plus étirée – peut-être parce que plus éthérée – et ne captive pas autant que la première, en l’absence de sommet aussi évident que Red Purple Black & Blue. Film Noir hésite encore entre son goût pour la pop lumineuse, versant britannique, et l’appel du large, l’excentricité de divagations plus ambiantes. Pour l’instant, c’est la première de ces deux facettes qui séduit le plus, mais ce premier album attachant et enthousiasmant fait de Film Noir une belle découverte. A la hauteur de son blaze.

Chroniqueur

La disco de Film Noir