First Aid Kit - The Lion's Roar

The Lion’s Roar


Un album de sorti en chez .

Bien que Suédoises, les deux sœurs, Johana et Klara Sodernberg, s’emploient avec beaucoup de constance à délivrer une musique faite de folk automnal et surtout d’Americana mélancolique qui trouve ses racines dans les années soixante, à la manière de leur compatriote Anna Terheim. Leur disque précédent, "The Big Black & Blue" souffrait d’une production parcimonieuse, de schémas répétitifs […]

Bien que Suédoises, les deux sœurs, Johana et Klara Sodernberg, s’emploient avec beaucoup de constance à délivrer une musique faite de folk automnal et surtout d’Americana mélancolique qui trouve ses racines dans les années soixante, à la manière de leur compatriote Anna Terheim. Leur disque précédent, "The Big Black & Blue" souffrait d’une production parcimonieuse, de schémas répétitifs un peu trop appuyés et, lyriquement, de ce décalage qu’il pouvait y avoir entre leur jeune âge (elles avaient 20 et 17 ans à l’époque) et une narration qui voulait explorer des émotions plus matures. 

Changement radical sur "The Lion’s Roar" puisque Mike Mogis (de Bright Eyes) est aux manettes et son apport permet aux deux sœurs d’embrasser enfin des univers plus diversifiés. Il est vrai, qu’entretemps, elles ont collaboré avec les Fleet Foxes et Jack White, éléments de parrainage on ne peut plus idéaux. L’heure est donc à une plus grande mise en avant de soi, et cela s’entend dès l’ouverture avec un Lion’s Roar affirmé et presque rugissant (sic!) ou un Blue dont la tonalité pop, toute nouvelle chez elles, montre que les chanteuses osent, enfin, égayer leur répertoire d’humeurs plus enlevées. La même démarche, dans un registre différent, accompagnera ainsi King of the World avec ses mariachis et ses cuivres qui ne sont pas sans évoquer Calexico. Même un Emmylou, chanson douce-amère hommage à Emmylou Harris, Johnny Cash et June Parker, est plus qu’une évocation de leurs racines musicales tant les harmonies vocales entremêlées rivalisent de dextérité. 

On retrouvera d’ailleurs bien sûr ces changements de voix tout au long de l’album (la douce rêverie de In The Hearts Of Men par exemple ou un This Old Routine qui semble issu des longs hivers scandinaves) mais les acoustiques seront plus luxuriantes ; ainsi I Found A Way impliquera une volonté de s’extirper de schémas trop typés comme si les sœurs Soderberg avaient trouvé une nouvelle force depuis leur disque précédent. Dance To Another Tune semble en être une profession de foi à l’instar de New Year’s Eve qu’on peut assimiler à une préfiguration de choses en devenir. 

Entre les troubadours féminins que Fist Aid Kit pourraient être et des croquis plus aventureux ; le duo esquisse une petite symphonie faite à la fois de délicatesse ajourée et d’assertion de plus en plus affirmée.

Chroniqueur