Fishbach


Un album de sorti en chez .

7

Il se passe quelque chose de beau. Quelque chose qui s’appellerait Fishbach, Flora en une version allégée de son nom de famille, et qui foudroierait l’espace noir et triste de cette période endeuillée d’une voix incroyable, d’une voix de feu qui...

Il se passe quelque chose de beau. Quelque chose qui s’appellerait Fishbach, Flora en une version allégée de son nom de famille, et qui foudroierait l’espace noir et triste de cette période endeuillée d’une voix incroyable, d’une voix de feu qui ouvrirait l’horizon dans un claquement flamboyant. Celui de ce maxi éponyme, qui vient tout juste de sortir.

Pas de doute, Entreprise a eu du flair de signer ce petit monstre, spectre vivant des eighties d’aujourd’hui. Un jeu de voix étincelant, guttural parfois, cinglant la plupart du temps, qui accompagne ses mots durs comme s’il expiait toute l’âpreté d’une vie passée. Tu Vas Vibrer ouvre le disque sur une nappe sombre, le cap est mis sur les synthétiseurs, les structures froides et répétées – quoi d’autre, évidemment ?

Mais c’est l’intensité des textes qui détient toute la force de Fishbach, où le magnétisme du disque puise sa source pour n’être le reflet artistique que de la psyché de son auteur. Pas étonnant d’apprendre que ce maxi est né dans un « purgatoire », terme que la chanteuse emploie pour désigner le grenier de la maison familiale où aurait été enregistré bon nombre de maquettes sur son seul ordinateur, tant l’idée de la musique comme sursis vital s’impose.

« Fishbach » fait l’effet de ne pas être le fruit d’une lubie mais d’un besoin presque viscéral. Enveloppé d’obscurité, le chant de Flora résonne jusqu’à 1981, l’année de sortie de Night Bird, le conte de l’enfer signé Bernard Lavilliers et François Bréant dont elle s’est réapproprié les derniers couplets dans son titre Petit Monstre, sur l’air d’une Fender Telecaster qui rappelle le son génial du « Psycho Tropical Berlin » de La Femme.

La Femme qui, par ailleurs, a ouvert la voie à une grande décomplexion vis-à-vis du rock en VF depuis le début des années 2010. Et dans ces pas, Fishbach démontre à son tour que cela n’est plus une gageure ici-bas. Vendeuse de chaussures, photographe sportive ou encore guide touristique, Fishbach a eu une multitude de vies avant de prendre la route de la musique à 24 ans. Alors faites en sorte qu’elle reste derrière le micro et écoutez-la, parce que jamais des textes aussi mortels n’auront été vivants à ce point.

Chroniqueur

La disco de Fishbach

Fishbach7
70%

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