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Reflections – Mojave Desert


Un album de sorti en chez .

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En août 2016, avant d’initier une tournée des États du Sud américain, Floating Points fut frappé par la beauté du désert de Mojave et par la réverbération si singulière du son due aux roches millénaires qui le composent. Il n'en fallait pas moins pour que ne naisse l'idée de l'album "Reflections - Mojave Desert".


En août 2016, avant d’initier une tournée des États du Sud américain, Floating Points fut frappé par la beauté du desert de Mojave et par la réverbération si singulière du son due aux roches millénaires qui le composent. Il n’en fallait pas davantage pour que naisse l’idée de cet album à cinq titres Reflections – Mojave Desert.

Alors qu’il avait mis tout le monde d’accord avec son premier album Eleania en 2015, Floating Points, de son vrai nom Sam Shepherd nous invite à nous adonner à des réflexions au milieu de nulle part.
Pour cet album un peu particulier, car indissociable de son clip vidéo, il s’est entouré de la réalisatrice Anna Diaz Oduño avec qui il avait déjà collaboré pour le morceau Silhouette ainsi que de quatre musiciens talentueux qu’il connaît bien (Matthew Kirkis, Alex Reeve, Susumu Mukai et Leo Taylor).
L’idée est simple, explorer et capturer des sons du désert de Mojave.

Muni d’un micro telinga (sorte d’hybride entre un pistolet et une parabole), Floating Points observe et s’approprie l’espace (réverbération, inversions de sens, orientation du micro) pour un rendu bluffant. Il en résulte un album psychédélique, aux sonorités uniques dans un style space-rock assez loin de la signature free jazz du premier opus et à des années-lumières des sons purement électroniques des débuts de Shepherd.

Ce film, magnifiquement réalisé, aux couleurs uniques n’est pas seulement celui d’un concert sans public dans un paysage grandiose. Il est en fait le témoin de la rencontre entre l’artiste et les bruits devenus sons du désert californien que Floating Points remodèle tel un véritable artisan.

Cette fusion atteint son paroxysme dans le titre Kites à la 11ème minute du film. Shepherd commence par jouer une mélodie avec son synthétiseur. Il le fait tourner en boucle (“looper”) et part tel un aventurier à la recherche des sons plus purs et muni de sa meilleure arme, le fameux micro telinga. On assiste ébahi à une danse nuptiale entre la vallée aride et l’explorateur en quête de sens.

Des cinq tires de ce très court album on retiendra le titre Silurian Blue. On vous laisse juger par vous même et admirer la magnificence d’une scène aménagée à même le sable.

Les couchers de soleil et autres timelipses à couper le souffle rendent la musique encore plus psychédélique, presque envoûtante. Comment ne pas se laisser emporter par la superbe des lieux qui fait corps avec la musique ?

 

 

C’est donc une parenthèse réussie pour Floating Points qui signe la un très bel album à écouter dans son intégralité, mais surtout à regarder et explorer. D’autres réflexions serraient à venir nous dit-on. Laissons donc le temps qu’il faudra à Shepherd et sa bande pour s’imprégner à nouveau d’un lieu aussi inspirant.

Chroniqueur

La disco de Floating Points