Foals - Total life forever

Total life forever


Un album de sorti en chez .

Finalement, le cas Foals est assez atypique. La plupart du temps, lorsqu’un groupe voit le petit monde de la musique s’exciter autour de lui dès le premier single et que l’engouement se confirme sur le premier album, quand vient le temps de lui offrir un successeur, le groupe en question se retrouve dans ses petits […]

Finalement, le cas Foals est assez atypique. La plupart du temps, lorsqu’un groupe voit le petit monde de la musique s’exciter autour de lui dès le premier single et que l’engouement se confirme sur le premier album, quand vient le temps de lui offrir un successeur, le groupe en question se retrouve dans ses petits souliers et fait profil bas. On a alors droit à des coups de frein à main, à des professions de modestie, des déclarations comme quoi le but est de progresser, sans surenchère, etc… Chez Foals, rien de tout cela, au contraire. Après la sortie d’"Antidotes", les gars d’Oxford se sont même payé le luxe de déclarer que l’album n’était pas à la hauteur de leurs espérances, commettant même au passage le crime de lèse majesté de remettre en cause le travail de David Sitek à la production. Bref, ce second album dépasserait son prédécesseur. Bien.

Alors même s’il faut rester prudent face à de telles déclarations, il faut au minimum mettre au crédit de Foals qu’avec "Antidotes", ils avaient réussi la gageure de sortir un album qui rallie la critique à leur cause sans tomber dans le piège qui consiste à tout donner, quitte d’ailleurs à paraître un peu moins original que ce que leurs premiers singles pouvaient laisser présager. Aujourd’hui, "Total life forever" et sa pochette en clin d’oeil à "Nevemind" de Nirvana, ce qui ne manquera pas d’en agacer certains, confirme, avant même qu’on se soit fait un avis définitif sur sa qualité, que Foals a du caractère et avance à son rythme. Car, une fois encore, ici pas de recherche du morceau qui tue à tout prix, pas de surenchère dans les effets ou dans le jeu. Premières évolutions notables, le chant, présent sur tous les morceaux, déjà, et beaucoup plus posé que sur "Antidotes". Là ou Yannis Philippakis avait un peu tendance à brailler, il adopte désormais une diction posée, claire, presque sereine.

Evolution ensuite dans l’écriture. "Antidotes" était l’album d’un groupe qui avait plutôt brillamment adapté les structures en boucle de la musique électronique au rock à guitares, "Total life forever" se révèle plus subtil, les morceaux se développent de manière moins évidente, là encore avec une certaine sérénité. Foals n’a pourtant pas fait table rase de son passé, loin de là, et ne renie en rien l’aspect dansant de sa musique. Mais, à l’image de trois premiers morceaux très réussis, le groupe laisse s’installer la mélodie, puis accélère progressivement le tempo. Se révèle alors une certaine virtuosité dans le jeu, avec une batterie très présente sans étouffer le reste du groupe, des guitares à fleuret moucheté, qui font plus dans les petits accords subtils que les riffs vengeurs. Au bout de quelques écoutes, Blue blood, Miami, Total life forever, ou encore After glow s’imposent comme de belles réussites. Autre évolution finalement logique mais qui restait à démontrer, une capacité à offrir des moments plus calmes, mission parfaitement remplie par Alabaster et surtout 2 trees, à l’ambiance envoûtante.

Pour autant, "Total life forever" est-il un chef d’oeuvre ? La réponse est clairement non. Et ce pour la bonne raison qu’encore une fois, Foals semble s’affirmer comme un groupe qui prend son temps. A "Antidotes" l’impression d’un style, à "Total life forever", l’affirmation de l’écriture et du jeu. Viendra plus tard le moment de publier un album capable de varier davantage les tempos, de proposer des schémas mélodiques encore plus forts. Ou pas, car ça, seul l’avenir le dira. Mais pour le moment, il serait mal venu de se plaindre de voir un groupe qui, sans révolutionner la musique, a su marier  divers éléments pour imposer sa singularité, et semble animé par la volonté de construire son oeuvre pas après pas, et ce, en étant depuis ses débuts, très exposé. C’est assez rare pour être souligné.

Rédacteur en chef
  • Publication 533 vues13 mai 2010
  • Tags FoalsWEA
  • Partagez cet article

Tracklist

  1. Blue Blood
  2. Miami
  3. Total Life Forever
  4. Black Gold
  5. Spanish Sahara
  6. This Orient
  7. Fugue
  8. After Glow
  9. Alabaster
  10. 2 Trees
  11. What Remains

La disco de Foals