foudre-earth

Earth


Un album de sorti en chez .

7

Désolation grandiose et romantisme vaporeux, Foudre! nous fait tanguer en eaux troubles.

Frederic Oberland est un homme occupé, en plus de Oiseaux-Tempête (dont une nouvelle pépite débarquera fin mars) l’artiste s’adonne à de multiples autres projets. Foudre! est une rencontre entre notre ami (Oiseaux-Tempête, The Rustle Of The Stars, FareWell Poetry), Romain Barbot (Saåad, I Pilot Dæmon), Grégory Buffier (Saåad, Autrenoir) et Paul Régimbeau (Mondkopf, Extreme Precautions, Autrenoir) et Christine Ott. Sous l’égide de ces musiciens chevronnés Foudre! exprime un propos vaguement post-rock mais surtout très sombre et éthéré à un point presque expérimental. “Earth”, troisième opus de la bande, a été enregistré dans les conditions du live à l’église Saint-Mery en même temps que la projection d’un film expérimental du réalisateur Ho Tzu Nyen. A ce titre de l’album est souvent suffixé du terme [OST].

Les mots du réalisateurs offrent un support à l’écoute du disque. Le visuel présente un désastre représentant les débris de l’histoire de notre planète. Dans ce décorum évoluent des personnages aux réactions tantôt individuellement émergentes (poing levé, larmes de compassion), tantôt évanescentes vers une entité collective harmonieuse au fil de leur voyage. Derrière cette succincte présentation, on trouve ce qui manque peut-être à l’album, qui reste une partie d’une oeuvre à deux têtes. Car le disque est au final une (des) ambiance(s), des sensations, plus qu’une composition globale, d’ailleurs son enregistrement live participe beaucoup à ce sentiment d’improvisation, presque épidermique. Il est raconté que quand Jim Jarmusch à commandé la bande originale de “Dead Man” à Neil Young, ce-dernier à enregistré ses prises en mode instantané, pendant le visionnage du film, comme une sorte de rendu primal de son état. A l’écoute de “Earth” on ressent ce type de démarche.

Au niveau purement musical, on assiste à une sorte de balai post-apocalyptique, dominé par des claviers langoureux, qui ne rencontreront jamais de heurts. Toutes les variations du propos sont particulièrement progressives mais, le diable se cachant toujours dans les détails, la beauté de tout ce travail réside justement dans ces innombrables petites “touches”, paradoxalement plus de l’ordre de l’arrangement qu’autre chose. Ce talent, inné semble-t-il, qu’ont les membres de Foudre! à traduire à l’instinct toute la subtilité d’une situation confère à l’oeuvre une espèce de sorcellerie, un verbe réellement envoûtant.

Ne vous attendez donc pas, en écoutant “Earth”, à un panel musical complet, mais il ne s’agit pas non plus d’un schéma réitéré à outrance. Ce superbe opus sonne plus comme une note lancée dans une légère brise qui se laisse aller au gré d’un mouvement perpétuel.

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La disco de Foudre!

Earth7
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