The turn


Un album de sorti en chez .

Un peu comme partout, débarquer dans le monde de la musique avec un CV flatteur ouvre des portes. Ainsi, c’est avec pas mal de bienveillance qu’on a vu arriver Fredo Viola, sans doute parce qu’il s’était déjà fait remarquer pour son travail de vidéaste. Mais s’il faut éviter de faire preuve d’une méfiance excessive, on […]

Un peu comme partout, débarquer dans le monde de la musique avec un CV flatteur ouvre des portes. Ainsi, c’est avec pas mal de bienveillance qu’on a vu arriver Fredo Viola, sans doute parce qu’il s’était déjà fait remarquer pour son travail de vidéaste. Mais s’il faut éviter de faire preuve d’une méfiance excessive, on est en droit de se demander si exceller dans un domaine est garant de réussite dans un autre. 

Le premier EP sorti en fin d’année dernière avait apporté quelques réponses, mais l’album restant l’étalon par excellence, c’est avec "The turn" qu’on peut réellement prendre la mesure de Fredo Viola. L’entrée en matière de cet album est, il faut bien l’avouer, à couper le souffle : sur The turn (a pagan lament), les voix font pour ainsi dire tout, et c’est magnifique. Un peu comme chez les Fleet foxes ou DM Stith, les voix redeviennent de véritables instruments, et quand elles brodent sur une mélodie aussi pure, c’est un régal. Un régal qui se prolonge sur le déjà connu The sad song, à la solennité presque religieuse, où l’on pense aux plus beaux moments de Sigur Rós, autres maîtres des chants venus d’ailleurs. Mais après une ouverture aussi stratosphérique, il faut réussir à se maintenir au sommet, ou bien réussir à atterrir en beauté. Friendship is… opte pour la seconde option et assure une transition assez réussie grâce à sa mélodie et son synthé ludiques. 

En revanche, la suite démontre que passer l’épreuve du format long n’est pas chose aisée. Sur les trois morceaux suivants, Fredo Viola s’emmêle les crayons en brodant sur des canevas sonores qui voudraient rester aériens, où se mêlent toutes sortes de gimmicks, mais tournent un peu en rond entre pop et jazz (The original man), et il faut attendre Robinson Crusoe pour retrouver une mélodie bien troussée. Mais c’est une nouvelle fois lorsqu’il laisse de côté ses bidouillages pour soigner des arrangements minimalistes et se concentrer sur la voix qu’il convainc avec Death of a son et Umbrellas,  le reste de l’album étant un peu anecdotique. En conclusion, oui, Fredo Viola est une révélation, car les sommets de "The turn" ne risquent pas de passer inaperçus. Non, "The turn" n’est pas un grand album, mais un album qui contient deux perles et une petite poignée d’autres titres réussis. Il a donc posé quelques beaux jalons, mais son œuvre reste à écrire. Patience.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. The Turn (A Pagan Lament)
  2. The Sad Song
  3. Friendship Is…
  4. Red States
  5. The Original Man
  6. Risa
  7. Robinson Crusoe
  8. K Thru 6
  9. Moon After Berceuse
  10. Puss
  11. Death Of A Son
  12. Umbrellas

La disco de Fredo Viola