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Orwell Court


Un album de sorti en chez .

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Le quatrième album d'un orfèvre nourri au "Pink Moon".

Faire partie d’un webzine qui se donne pour mission d’offrir un écho à l’actu de la musique indé ne nous évite évidemment pas de passer à côté d’artistes et de disques qui méritent amplement d’y figurer mais, heureusement, cela nous permet aussi d’entrer en contact avec des personnes qui nous offrent l’occasion (et la chance) d’y remédier. Christophe, qui dirige le label Discolexique est de celles-ci et c’est grâce à lui si “Orwell Court”, le quatrième album de l’Ecossais Gareth Dickson, a atterri sur notre platine. L’album est paru fin 2016 mais là n’est pas le plus important, sachant qu’un album n’est pas destiné à être “consommé” pour être jeté ensuite. C’est d’autant plus vrai que Gareth Dickson est de ces artistes qui ont (comme nombre d’autres évidemment), “Pink Moon” de Nick Drake, disque immortel s’il en est, comme album de chevet et ne s’en cachent pas.

Mais si, dès les premières mesures de Two Halfs, la filiation est évidente, que ce soit dans la façon délicate et discrète de chanter ou un jeu de guitare virtuose mais sans ostentation, à aucun moment elle ne minore la beauté d'”Orwell Court”. Car si digérer une influence, c’est s’en emparer pour mieux en extraire la substantifique moelle, alors Gareth Dickson a tout juste. “Orwell Court” est donc un album suspendu en état de grâce, dans un ailleurs poétique fait d’allusions contemplatives, d’impressions, de sentiments toujours exprimés avec pudeur.

Les chansons de Gareth Dickson ressemblent à des esquisses, des tableaux qui s’ébauchent au fur et à mesure des images qu’ils convoquent, les schémas couplet/refrain n’existent pas vraiment, la musique coule au gré des émotions et d’accords de guitare parfois épars puis plus présents (The Big Lie) ou qui forment un univers sonore captivant, réhaussé de toutes petites interventions d’harmonica sur Red Road, sommet d’un album qui se ressent plus qu’il ne se décrit avec des mots, et que Gareth Dickson referme en convoquant un autre poète maudit via une reprise tout en sensibilité discrète d’Atmosphere de Joy Division. Gareth Dickson sera de retour en France en septembre prochain, ne ratez surtout pas son passage si vous le pouvez.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Two Halfs
  2. The Big Lie
  3. Snag With The Language
  4. The Hinge Of The Year
  5. Red Road
  6. The Solid World
  7. Atmosphere

La disco de Gareth Dickson