Hippies


Un album de sorti en chez .

7

Les Harlem, au début, peuvent paraître agaçants. Ils sont jeunes, beaux, sentent bon la sueur des concerts houblonnés des bas-fonds grunges du Texas et viennent de sortir un second opus chez Matador Records : « Hippies ». En somme, nous pourrions presque dire qu’ils ont donc tout pour plaire. S’étant laissés avoir plusieurs fois, nous en sommes alors […]

Les Harlem, au début, peuvent paraître agaçants. Ils sont jeunes, beaux, sentent bon la sueur des concerts houblonnés des bas-fonds grunges du Texas et viennent de sortir un second opus chez Matador Records : « Hippies ». En somme, nous pourrions presque dire qu’ils ont donc tout pour plaire. S’étant laissés avoir plusieurs fois, nous en sommes alors à nous demander si cette alléchante vitrine ne serait pas qu’une façade qui masquerait une réalité peu reluisante…

Et là, surprise ! En une quarantaine de minutes, ce trio infernal nous balance un son délicieusement crasseux, grunge. C’est fait maison, ça sent son garage dérouillant et en attendant, nous adhérons totalement. « Hippies », c’est seize titres d’une efficace concision qui nous prouvent que nos trois acolytes texans en ont gros sous les semelles. Effectivement, ils délivrent ici un album insolent et spontané. D’un côté, ils nous plongent avec une innocence réjouissante au cœur des tourments adolescents sur des titres tels que Be Your Baby, Prairie My Heart ou encore Cloud Pleaser. D’un autre côté, ces adorables ballades côtoient des refrains plus énervés, pleins d’une rage juvénile qui ne demande qu’à s’exprimer. Les morceaux Stripper Sunset, Spray Paint et Faces apparaissent comme des témoignages à vif d’une fièvre, d’une ferveur adolescente habitante.

Il y a une certaine désinvolture chez Harlem ; loin d’eux l’idée de convertir les masses en livrant une production aseptisée et peu digne d’intérêt. Ils se font plaisir et jouent ce qu’ils ont envie de jouer. Et ils y vont carrément. C’est tout simple, et nous avons encore rien trouvé de mieux pour nous convaincre ! Cependant, en dépit d’une très bonne exploitation de la fibre grunge et de l’instantanéité, cet opus présente quelques imperfections, maladresses de débutants et l’ensemble manque alors de consistance. Malgré cela, ils cultivent un subtil décalage qui ajoute à leur charme. Et nous sommes définitivement conquis.

Comme touchés par une émouvante grâce juvénile, les trois membres d’Harlem semblent bien partis pour sévir encore un petit bout de temps sur la scène indé américaine. D’autant plus qu’en évoluant, ils devraient acquérir une profondeur et une maîtrise qui pallieraient quelques lacunes et, par conséquent, renforceraient davantage leur musique. Du moins, c’est ce que nous leur souhaitons, bien que ce disque demeure néanmoins plus que concluant et prometteur.

Chroniqueur
  • Publication 234 vues27 mai 2010
  • Tags HarlemMatador
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Tracklist

  1. Someday Soon
  2. Friendly Ghost
  3. Spray Paint
  4. Number One
  5. Be Your Baby
  6. Gay Human Bones
  7. Torture Me
  8. Cloud Pleaser
  9. Faces
  10. Tila And I
  11. Three Legged Dog
  12. Prairie My Heart
  13. Scare You
  14. Stripped Sunset
  15. Pissed
  16. Poolside

La disco de Harlem

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