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Microshift


Un album de sorti en chez .

6

Hookworms lance une honorable troisième et nouvelle expédition, moins en verve que les précédentes...

Pour appréhender la musique d’Hookworms, il est d’usage de faire un bond en arrière de plusieurs décennies, où le space-rock teinté de psychédélisme sévissait sans crier gare. C’est sur ces solides fondations que s’est construit le groupe de Leeds depuis ses débuts avec “Pearl Mystic” (2013) jusque l’année suivante avec “The Hum”, second album qui est en réalité le premier a avoir mis en lumière ses aptitudes à modeler les influences sus-cités sur des versants noise et autres interludes drone. Particularité supplémentaire, Hookworms se distingue pour avoir édité autant d’albums captés en live qu’enregistrés en studio, à l’instar de Grateful Dead (pour ne citer qu’eux), sans doute animé d’un esprit de pouvoir extirper, sur scène, toute la quintessence de ses créations et de façonner à foison un répertoire préalablement conçu pour l’exercice.

À partir de visuels technologiques, illustrés de formes cylindriques incarnant le mouvement et la parfaite régularité des courbes, le groupe anglais entame cette troisième livraison tambour battant, autrement dit par un addictif morceau d’ouverture à mettre tous les sceptiques sur orbite : Negative Space et ses sept minutes démentielles, s’élevant tranquillement dans les gammes tel le décollage d’une fusée, mariant synthétisme et riffs élancés jusqu’à atteindre un sommet paroxystique d’une puissance sans nom. Si Static Resistance et à moindre échelle Ullswater emboîtent décemment le pas grâce à d’efficientes sections de synthétiseurs – parfois new-wave dans la démarche – et une énergie trépidante, la suite des débats perd singulièrement en appétence, conséquence directe d’avoir usé des meilleures cartouches en première ligne. Malgré ses nappes caressantes, The Soft Season vient tronquer le rythme et l’élan imprimé, Opener tentant ensuite de redémarrer la machine dans un effort s’avérant au final plus prolixe qu’abouti. S’en suivent à l’horizon un semblant de montagnes russes, le sensationnel en moins, et où le contenu du posé Each Time We Pass jusqu’à Shortcomings peine à graver les esprits, accentuant ainsi le sentiment d’avoir observé le soufflet retomber à vitesse grand V.

Ce qui peut constituer une certaine amertume, tant pour les suiveurs que pour ceux ayant été subjugués par les singles de ce nouvel album, amène à la seule conclusion pour qui souhaite découvrir l’univers pourtant seyant des cinq britanniques : s’en aller écumer leurs livraisons passées, notamment la précédente, sans mettre en péril les présentes vertus de “Microshift”. Parce que oui, la nostalgie a parfois du bon et Hookworms en connaît parfaitement la recette…

 

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  • Publication 384 vues5 février 2018
  • Tags HookwormsDomino
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Tracklist

  1. Negative Space
  2. Static Resistance
  3. Ullswater
  4. The Soft Season
  5. Opener
  6. Each Time We Pass
  7. Boxing Day
  8. Reunion
  9. Shortcomings

La disco de Hookworms

Microshift6
60%
The Hum
0%

The Hum

Pearl Mystic
0%