Idles - Joy

Joy As An Act Of Resistance


Un album de sorti en chez .

9

Second album très attendu du groupe post-punk de Bristol.

Mine de rien, le post-punk est un genre musical qui se porte comme un charme. Evidemment, il a toujours plus ou moins été là, mais sa prédominance ces dernières années est indéniable. Il n’y a qu’à voir l’importance croissante prise par Protomartyr, les Canadiens de Ought (même si ces derniers ont édulcoré leur formule), ou encore l’accueil réservé au premier album de Shame en début d’année. Et puis, évidemment, il y a Idles. Débarqués avec fracas l’an dernier avec “Brutalism”, leur retour annoncé avec un second album a vite pris des allures d’événement de cette rentrée. C’est d’autant plus réjouissant que la troupe de Joe Talbot remet Bristol sur la carte musicale alors que la ville avait tendance à être toujours associée au mouvement trip-hop, ce qui reste évidemment un titre de gloire mais, au fil des années, figeait quelque peu les choses.

Idles est également un groupe important parce qu’il n’est pas l’apanage d’un énième retour du rock foutraque à guitares. On parle de post-punk pour définir leur musique par commodité, ne nous en cachons pas, mais eux-mêmes ne tiennent pas particulièrement à cette étiquette, sans chercher non plus à s’en débarrasser à toute force. Bref, Idles est à cent pour cent un groupe d’aujourd’hui, qui a trouvé sa voie au jugé et ne se fixe pas de frontières. Et “Joy As An Act Of Resistance” est un parfait condensé de leur état d’esprit. Calculs, évolution, volonté de donner telle ou telle couleur à un album, voilà des concepts qui leur sont soit étrangers ou auxquels ils sont totalement hermétiques. Ce second opus est celui d’un combo qui fonce tout droit, revendique sans cesse sa liberté totale. Ce qui ne veut pas dire qu’il est voué à se répéter sans cesse. Car Joe Talbot et ses copains sont indéniablement doués.

“Joy As An Act Of Resistance”, titre programmatique à prendre au pied de la lettre, offre tout ce qu’il contient. Un  souffle solaire, de la joie à l’état pur sur des titres comme Great, Television ou Danny Nedelko, aux refrains qui ne sont pas sans parfois rappeler les Pogues de Shane McGowan, de la tension, du fiel dans des titres en forme de manifestes de résistance contre toutes les formes de connerie (Never Fight A Man With A Perm, Love Song…). Sur June, le groupe s’offre une superbe rupture avec un morceau tout en emphase rehaussé de guitares tendues à souhait sans jamais complètement exploser et, plus loin, s’amuse sur Samaritans à tourner autour du morceau à refrain héroïque. Bien sûr, tout cela prend vie grâce à une interprétation sans concessions ni baisse de régime. Du début à la fin, les guitares tranchent dans le lard, la basse est à la limite constante de la rupture, la batterie est intraitable, la voix gronde et déclame sans lassitude. 2018 attendait encore d’être giflée pour prendre de l’épaisseur, c’est désormais chose faite.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Colossus
  2. Never Fight A Man With A Perm
  3. I'm Scum
  4. Danny Nedelko
  5. Love Song
  6. June
  7. Samaritans
  8. Television
  9. Great
  10. Gram Rock
  11. Cry To Me
  12. Rottweiler

La disco de Idles