It_It_Anita-Laurent

Laurent


Un album de sorti en chez .

8

Fil du rasoir, au bord de la crise, It It Anita jusqu'au-boutiste, comme à son habitude.

On les suit depuis une première partie de Preoccupations (encore appelés Viet Cong à l’époque). Le live furieux livré ce soir-la nous avait proprement sidéré. Depuis, un premier album splendide est sorti, “Agaaiin“. Autant dire que les Belges ont commencé très très fort leur carrière. Et Dieu sait que l’on en a connu des étoiles filantes dans le rock indépendant comme ailleurs…

“Laurent” se propose donc à nos oreilles acérées tant de fois déçues. Le doute n’aura pas eu le temps de s’installer. C’est simple, sur Denial, on entend Sonic Youth, les Pixies et Blonde Redhead en même temps. Pour une entrée en matière, il y a pire, vous en conviendrez… D’autant plus que cela s’apparente plus à un concours de circonstances, car rien n’est forcé et l’esprit primal que l’on associe au groupe est tout a fait préservé. Par la suite, le ton monte, à la limite du metal, la voix hurle, les guitares sont moins dissonantes, mais les riffs et la batterie ne laissent aucun répit. C’est du mille à l’heure, assez proche d’un punk hardcore, toujours à la limite de la musicalité, sans jamais passer du mauvais côté. Car ce qui ressort de cet album très riche, c’est bien que It It Anita parvient avec brio à conjuguer exigence et primalité. Toujours direct, jamais facile, voilà une maxime qui conviendrait parfaitement à “Laurent”.

Après un interlude de violence arrive ce chef d’oeuvre en deux actes, Tanker 2. Commençons par le défaut, si tant est qu’il en soit réellement un, on se demande pourquoi les deux morceaux n’en font pas qu’un! Ceci mis à part, tout démarre sur une introduction purement instrumentale, la tentation d’évoquer Mogwaï est grande d’ailleurs. Nous ne le ferons pas parce que ce serait passer à côté, encore une fois, du caractère primal omniprésent, définitivement percutant, sans cesse. La seconde partie voit Myriam Leroy poser sa voix sur une prose qu’on ne peut vous compter tant il faut vous préserver l’expérience. Sur cette partie, l’instrumentation se veut en retrait, lancinante et noire, assumant “juste” le rôle d’écrin à l’artiste.

Peu intéressant d’être exhaustif sur les titres dans le sens où malgré la variété, l’unité est indéniable, et une analyse au titre rendrait peu honneur à cela. Néanmoins, difficile de ne pas évoquer le psychédélique Outboard, à la fois fou, innovant et superbement orchestré, ou le “chokeborien” We Are Nothing qui clôturent l’album.

Et voilà ce que l’on pourrait évoquer comme un essai transformé. Avec ce second album très réussi, It It Anita s’inscrit durablement dans la noblesse du rock indé.

 

Webmaster
  • Publication 290 vues13 septembre 2018
  • Tags It It AnitaLuik Records
  • Titres recommandés Denial 11 Say No Tanker 2, Pt. 1 Tanker 2, Pt. 2 Bored Outboard
  • Partagez cet article

La disco de It It Anita

100%

Agaaiin