Blunderbuss


Un album de sorti en chez .

Jack White est un type qui a la côte, c’est indéniable, et ce n’est pas tout à fait injustifié. Vrai passionné de musique, à tous les niveaux, attaché à des valeurs qui nous sont chères sans cultiver de nostalgie, c’est clairement quelqu’un d’attachant. Si on dresse le bilan de sa carrière, là, en revanche, c’est […]

Jack White est un type qui a la côte, c’est indéniable, et ce n’est pas tout à fait injustifié. Vrai passionné de musique, à tous les niveaux, attaché à des valeurs qui nous sont chères sans cultiver de nostalgie, c’est clairement quelqu’un d’attachant. Si on dresse le bilan de sa carrière, là, en revanche, c’est un peu plus contrasté. car si les White Stripes ont une discographie globalement impeccable, on ne peut pas en dire autant de celle des autres projets de l’ami Jack. Certes, les Raconteurs et le Dead Weather étaient, sur le papier, des projets qui avaient de la gueule, les premiers ont bien pondu un ou deux bons singles, les seconds se sont révélés une machine efficace sur scène, mais quand même…

Bref, la parution de « Blunderbuss », premier album de Jack White sous son propre nom, est enfin l’occasion de savoir ce que notre homme a aujourd’hui dans le ventre, un an après avoir annoncé officiellement la fin des White Stripes et avoir connu des remous dans sa vie personnelle. Et ce d’autant qu’il a affirmé que, sur ce disque, on retrouvait des chansons que personne d’autre que lui n’aurait pu écrire. Effectivement, dans l’ensemble, si « Blunderbuss » n’est, sur la forme, pas une révolution, Jack White arpentant toujours le territoire du blues, l’album s’affranchit de ce qu’il a pu faire avant. Pour le meilleur, disons que l’album se révèle plus écrit que ceux des Raconteurs ou de Dead Weather et offre donc plus de fond. Weep Themselves To Sleep, Sixteen Saltines ou encore Freedom At 21 sont ainsi des morceaux enlevés, qui vont à l’essentiel, avec une vraie intensité dans l’interprétation. Le disque se révèle également peut-être plus bigarré que ceux des Whites Stripes, Jack White passant avec une certaine souplesse de pièces syncopées nourries aux guitares (Sixteen Saltines), à d’autres plus aérées portées par un piano (Trash Tongue Talker). Une certaine maturité suinte également de « Blunderbuss », qui évolue naturellement entre moments de tension positive et d’autres beaucoup plus apaisés.

En revanche, ce qui manque ici, c’est que Jack White n’a plus d’alter ego pour lui renvoyer la balle. Car tout de même, le génie des White Stripes, c’était de se livrer à des joutes permanentes entre guitare et batterie et de parvenir à en faire sortir une quintessence. De ce point de vue, ‘Blunderbuss » est un album qui ronronne un peu. Ce n’est pas non plus un album sur lequel Jack White brise l’armure. Que la musique soit une passion, qu’elle garde un côté ludique, on veut évidemment bien l’admettre. Mais on aurait aimé que Jack White se mette un plus en danger, nous parle plus de lui-même, puisqu’il a décidé de s’exposer directement. Et là, on reste un peu sur notre faim. Alors oui, Jack White garde tout notre sympathie, mais pour l’avenir, on l’attend au tournant. Même si on l’a déjà dit…

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Missing Pieces
  2. Sixteen Saltines
  3. Freedom At 21
  4. Love Interruption
  5. Blunderbuss
  6. Hypocritical Kiss
  7. Weep Themselves To Sleep
  8. I'm Shakin'
  9. Trash Tongue Talker
  10. Hip (Eponymous) Poor Boy
  11. I Guess I Should Go To Sleep
  12. On And On And On
  13. Take Me With You When You Go

La disco de Jack White