Shangri La

Shangri La


Un album de sorti en chez .

3

Cette année, Jake Bugg a frappé un grand coup avec la sortie de "Shangri-La"

En effet, l’enfant prodige de Nottingahm s’est apparemment fait plaisir en enregistrant sous les sunlights de LA avec le producteur le plus étrange depuis Phil Spector, Rick Rubin (il est tenu responsable du dernier Black Sabbath, des ultimes enregistrements de Johnny Cash, mais aussi de nombreux albums de rap, très électique, le mec).

Malgré ces informations qui pourraient être alléchantes, nous, chez Indiepoprock, on était pas mal sceptiques. Son premier opus était très décevant : le gamin nous dévoilait son habileté à mélanger le sublime à la gerbe de teckel que seule ta petite sœur serait capable de fredonner en public, se faisant donc passer pour plus conne et plus truie qu’elle ne l’est. N’ayons pas peur des mots.

Mais revenons plutôt à nos moutons. Le problème avec Jake Bugg, c’est qu’il fait des chansons géniales, et bam, il nous assomme avec un truc nul, le tout sans qu’on se méfie.

Et vous savez quoi ? C’est pareil avec le numéro 2 !

On commence avec l’irrésistible (la rédaction d’Indiepoprock cautionne cet adjectif) There’s A Beast And We All Feed it, excellent, plus on l’écoute, plus on l’aime. Un petit bordel bluesy/country nettement plus lumineux que lors du premier album (normal quand on troque le ciel gris des cités anglaises contre le sain soleil de Californie).

On enchaine avec de la country/rock, Slumville Sunrise, mais la version qu’on a pu entendre à Glastonbury, par exemple, sonnait mieux. Ici, la batterie est plus dure et le chant plus agressif, dommage. Après ça, un titre plus commercial, teinté rock, sans grand intérêt. Suit une des grandes surprises de l’album : Me And You. Au début, on se méfie mais c’est une bien jolie ballade country qui sent bon les années ’70.

Et après ? On s’ennuie. Ferme. On se retrouve dans un paysage sépia sans relief, c’est assez gênant. Pour résumer ce vide, il y a deux chansons un peu rock et on sent qu’il n’est pas à l’aise, on a envie de le secouer un peu parce que, doux Jesus, c’est mou ! On à une mini apparition du Revolution Blues de Neil Young qui hante All Your Reasons (ou c’est moi ?), mais ça reste nettement moins bien.

L’engourdissement continue avec cinq autres titres plus calmes, ça parle tout doucement, et puis ça monte, en mode lyrique un peu trop braillard. D’ailleurs, on déplore une absence de picking, car il faut savoir que Bugg est un très bon guitariste.

C’est à à cet instant qu’on commence à s’en prendre à Rubin. Comment a-t-il pu laisser passer ça ?

Jake Bugg n’a sorti que deux albums, les deux chez Mercury, c’est un fait. Cette maison de disques nous pond aussi des objets taillés pour les ondes FM. On peut se demander si, dans le but totalement professionnel de faire de l’argent, elle aurait peut-être dirigé le gosse, tout innocent et inexpérimenté qu’il est, vers des choses faciles. En gros, elle aurait laissé Jake Bugg faire son truc, tout en restant derrière, au cas où. Evidemment, tout cela n’est que pure spéculation.

Poussons un peu plus loin et fantasmons sur une signature de Jake Bugg ailleurs : plus de liberté, moins de tapinage. Là, on pourra se concentrer sur la musique. Elle aura surement quelques faiblesses, moins de moyens, mais elle prendra une proportion plus humaine. Et là, on y sera.

Soudain Ô Gloria ! Une percée de lumière trouble notre réflexion. Ca s’appelle Storm Passes Away, et c’est un moment de grâce ultime. Une foule de mots pourraient qualifier cet instant de contemplation, mais nous avons choisi de rester à l’image de cette chanson, sobre, néanmoins sophistiquée, portant toutefois en elle une grande et riche tradition.

Et on se dit alors que malgré ses efforts pour se faire passer pour un dur, Jake Bugg n’est pas un rockeur et, même si le perfecto lui va bien, il ne le sera malheureusement jamais. Il est beaucoup plus fait pour ce genre de morceaux terriens qui provoquent une petite tempête en nous. Du coup on le garde précieusement dans notre poche, et on attend, confiants, peu importe le temps que ça prendra , cet album extraordinaire qu’il nous a promis avec cette seule chanson.

Chroniqueur
  • Publication 385 vues19 décembre 2013
  • Tags Jake BuggMercury
  • Partagez cet article
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. There’s A Beast And We All Feed It
  2. Slumville Sunrise
  3. What Doesn't Kill You
  4. Me And You
  5. Messed Up Kids
  6. A Song About Love
  7. All Your Reasons
  8. Kingpin
  9. Kitchen Table
  10. Pine Trees
  11. Simple Pleasures
  12. Storm Passes Away

La disco de Jake Bugg

Shangri La3
30%
Jake Bugg
0%