l’Eau


Un album de sorti en chez .

Révélée par la scène, Jeanne Cherhal a séduit avec son piano un public qui s’est rapidement élargi et avec lequel elle entretient une relation privilégiée, une complicité sympathique dont elle nous a fait partager quelques moments avec la sortie l’année passée d’un DVD live enregistré à la Cigale. Pour ce troisième album studio, elle s’entoure […]

Révélée par la scène, Jeanne Cherhal a séduit avec son piano un public qui s’est rapidement élargi et avec lequel elle entretient une relation privilégiée, une complicité sympathique dont elle nous a fait partager quelques moments avec la sortie l’année passée d’un DVD live enregistré à la Cigale. Pour ce troisième album studio, elle s’entoure d’un groupe "rock" (deux guitares-basse-batterie) et met son ami Albin de la Simone à la réalisation pour ce qui apparaît déjà comme un tournant dans sa carrière.

"L’Eau" présente en effet une nouvelle facette dans la composition qui se tourne un peu plus sur les mélodies que sur les textes. Un côté plus mature, que l’on entend dans son interprétation, mais l’on ressent également une certaine dépersonnalisation. Comme si la jeune chanteuse se diluait dans sa thématique liquide… Certains diraient que c’est normal, qu’il faut bien évoluer, qu’on ne peut pas écrire éternellement la même chanson. 

Si cette démarche est plutôt positive, on a l’impression, qu’à l’instar d’une Claire Diterzi, Jeanne a perdu un peu de la pertinence de sa plume, voire de son humour. N’ayant plus que la peau sur les os, celle-ci a néanmoins quelques soubresauts du passé (Le tissu ou Tu m’attires). Le reste demandera, notamment au début, de se détacher de ce qu’on connaissait d’elle pour profiter pleinement de la femme qui se révèle sous le rideau de pluie… et sans pour autant lui réserver une tonne d’applaudissements, lui dire simplement merci d’être là.

Album de transition, "L’Eau" laisse dans la bouche et les oreilles un goût légèrement amer. Peut-être un peu trop sûre d’elle, peut-être l’envie d’être grande, libre de faire un peu tout sans trop de retenue. Le débit n’est pas encore canalisé et asperge, dégouline sur les rebords. La patience permettra néanmoins de découvrir quelques subtiles douceurs que l’on aura plaisir à retrouver lors de la prochaine tournée de la naïade Cherhal… Espérons simplement la voir, à nouveau… humaine.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Intro (Difference)
  2. Let Em' Know
  3. Exchange
  4. For However Long
  5. Don't
  6. Open Interlude
  7. Ten Nine Fourteen
  8. The Sequence
  9. Rambo
  10. 502 Come Up
  11. Sorry Not Sorry
  12. Been That Way
  13. Overtime
  14. Right My Wrongs