Ys


Un album de sorti en chez .

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A l’instar d’un Devendra Banhart, avec lequel elle est amie, Joanna Newsom nous avait surpris et enchantés voilà deux ans déjà avec « The Milk-Eyed Mender ». Elle qui jouait de la harpe depuis l’âge de huit ans, ayant appris aussi bien les techniques classiques ou celtiques que sénégalaises ou vénézuéliennes, dévoilait un album folk original terrain […]

A l’instar d’un Devendra Banhart, avec lequel elle est amie, Joanna Newsom nous avait surpris et enchantés voilà deux ans déjà avec « The Milk-Eyed Mender ». Elle qui jouait de la harpe depuis l’âge de huit ans, ayant appris aussi bien les techniques classiques ou celtiques que sénégalaises ou vénézuéliennes, dévoilait un album folk original terrain de jeu idéal pour sa voix aiguë et nasillarde pourtant riche en émotions…

Ce nouvel album poursuit cette aventure musicale en offrant pourtant un visage bien différent. Peut-être doit-on cela aux nombreux intervenants. « Pourquoi faire simple quand on peut s’entourer de ce qui se fait de mieux ? » a dû se dire l’américaine puisqu’on retrouve ainsi Steve Albini (Nirvana, Pixies, Dionysos…) à l’enregistrement, Jim O’Rourke (Sonic Youth, Stereolab…) au mixage et surtout Van Dyke Parks (Brian Wilson, Ry Cooder, Tim Buckley, Buena Vista SC…) aux orchestrations et à la production.

La couverture de ce « Ys » est une peinture de Benjamin A. Vierling qui représente Joanna Newsom comme une druidesse en sa demeure belle, sereine, forte… A 24 ans, elle réalise ce que sans doute certains attendent toute une vie : l’album parfait ! Intitulé ainsi d’après la légende de la cité engloutie, il s’écoule le long de cinq longues chansons (la plus courte fait déjà sept minutes) mettant son instrument un peu en retrait pour laisser cordes et vents ouvrir le champ des possibilités…

Maturité également, car si la remise en question est importante, la prise de risque est réduite, tant l’américaine sait ce qu’elle veut et sait exactement là où elle veut nous emmener. Les paradis perdus, l’expression de ces tristesses que l’on ne peut dire qu’en chanson, les drames qui se jouent en chacun de nous sans qu’une seule larme ne coule (en public). Sous ses doigts de fées tout alors prend les couleurs d’un conte, celui d’une civilisation perdue, de ceux que l’on croit parfois percevoir en forêt lorsque le vent se fait farceur. A moins que…

En deux opus à peine, Joanna Newsom se révèle comme un élément indispensable du paysage musical. Une artiste dont nous avions toujours secrètement désiré la venue sans jamais pouvoir véritablement y croire. Avec « Ys », c’est pourtant chacune de nos attentes qui est récompensée d’un coup de baguette magique, d’une mélodie de harpe enchanteresse. Le miracle d’un autre âge… aujourd’hui !

Chroniqueur
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La disco de Joanna Newsom