Viking Disease


Un album de sorti en chez .

8

Même ses démos valent de l'or.

Joseph Thomas Haege, aka Joe Haege (31 Knots, White Wine) se lance furtivement dans l’essai solo, en attendant une nouvelle sortie de White Wine prévue en septembre, qui s’annonce encore une fois grandiose… Aucune annonce n’avait fuité, et le projet n’en est qu’à un stade embryonnaire : sorti un samedi, exclusivement en numérique et en autoproduction, « Viking Disease » ne semble pas voué à une longue lignée de descendants, mais sait-on jamais… L’opus est donc apparu sur la toile le 1er avril, sans coup férir, sur le Bandcamp de White Wine,  à partir de sept euros la version téléchargeable.

Bien que dépourvu de percussions, de basse ou de guitare électrique, il semble hors sujet d’évoquer un album folk voire même acoustique tant le travail de production fait preuve de maintes trouvailles enrobant magnifiquement les mélodies iconoclastes. Car voilà, enfant du math rock, il semblera toujours contre nature à Haege de se conformer 100% à un schéma aisé. Les arpèges, bien que fluides, sont souvent inattendus quel que soit l’instrument à cordes. Oui, il y a cela également, l’homme est seul à la confection de l’album mais il se répond à lui-même, tant dans les instrumentaux que dans les voix. Un morceau comme Leave The Screen s’appuie sur un modèle vaguement cohenien sur la six cordes, où l’on se demande où est la mélodie du rythme entre les aigus et les graves, pendant que la voix principale est soutenue par des chœurs en canon (tous l’oeuvre d’une seule personne). Sur d’autres titres tels que Heven’s Harps,  les cordes surgissent de toutes parts, à la manière d’un concerto pop. Et encore une fois, sur cette chanson, le travail sur la voix est tout sauf anodin avec un phénomène de dédoublement qui renforce le lyrisme du refrain.

« Viking Disease » est donc certainement l’album le plus direct et le plus accessible de notre ami. Eu égard aux travaux du garçon, on pourrait presque penser à un premier jet, le temps d’un après-midi de temps libre. Mais attention à ne pas se méprendre, cet opus se suffit amplement à lui-même et donne une nouvelle face de l’art complexe de Haege.  Elle constitue même être un très bon point d’entrée dans sa large discographie.

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La disco de Joseph Thomas Haege