Choirs of the Eye


Un album de sorti en chez .

Il est certains disques dont l’écoute ne peut laisser indemne. Ils vont loin, repoussent les limites atteintes par la plupart des autres groupes, ou ne serait-ce que celles que l’on s’est fixé soi-même. Ils font mouche en mêlant complexité et simplicité, légèreté et intensité ; en visant tout simplement juste. Le premier album de Kayo […]

Il est certains disques dont l’écoute ne peut laisser indemne. Ils vont loin, repoussent les limites atteintes par la plupart des autres groupes, ou ne serait-ce que celles que l’on s’est fixé soi-même. Ils font mouche en mêlant complexité et simplicité, légèreté et intensité ; en visant tout simplement juste. Le premier album de Kayo Dot fait donc partie de ceux-là. « Choirs of the Eyes » surprend à plusieurs reprises au sein de l’odyssée sonore qu’il constitue ; chaque morceau constituant lui-même à la fois une caresse sur la joue et un énorme coup de poing dans la gueule, avec toutes les sensations qu’il peut y avoir entre deux.

La voix de Toby Driver, lorsqu’il chante, rappelle fortement celle de Jeff Buckley. Mais un Jeff Buckley vivant, entouré de cuivres, qui installerait tout d’abord une ambiance feutrée et intime, avant de faire son petit bonhomme de chemin, de s’habiller de violons malicieux dont les lignes mélodiques zig-zaguent entre nos oreilles, puis ferait ensuite exploser les guitares et, ne souhaitant certainement pas s’arrêter là, jouerait le jeu jusqu’au bout, jusqu’à rejoindre sans honte aucune certains groupes de métal brutal dans leur violence. Tel est le programme de The Manifold Curiosuity.

Certaines progressions -au sein de morceaux dépassant généralement les dix minutes- peuvent évoquer les montées en puissance que des hordes de groupes post-rock s’appliquent à nous rabâcher ces derniers temps. Sauf qu’ici, l’agilité avec laquelle le groupe jongle avec les genres et les arrangements laisse bouche bée, chaque progression étant réalisée avec une subtilité, une retenue et une maitrise hors du commun. Sans être impressionné habituellement par les prouesses techniques, on ne peut que s’incliner devant tant de parcimonie et justesse dans l’usage d’arrangements aussi réussis.

Métal, post-rock, musique classique (façon « Rachel’s » !), ambiant et musique de film se rencontrent dans une ?uvre cohérente, fine, introspective mais néanmoins détonante. Attention, ce disque demande une très grande ouverture d’esprit, et une attention toute particulière !

Jul
Chroniqueur
  • Publication 368 vues17 septembre 2005
  • Tags Kayo Dot
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La disco de Kayo Dot