Declaration Of Dependence


Un album de sorti en chez .

Cette année musicale a très bien commencé, on en est déjà à faire nos petits bilans de fin d’année, sans compter qu’il nous reste encore trois mois avant de décerner les médailles. Voilà que ces petites manies de mélomanes férus de tops et palmarès en tous genres se trouvent malencontreusement mises à mal par le […]

Cette année musicale a très bien commencé, on en est déjà à faire nos petits bilans de fin d’année, sans compter qu’il nous reste encore trois mois avant de décerner les médailles. Voilà que ces petites manies de mélomanes férus de tops et palmarès en tous genres se trouvent malencontreusement mises à mal par le retour du duo norvégien, les Kings Of Convenience. Déjà auteurs des géniaux et indépassables « Quiet Is The New Loud » et « Riot On An Empty Street », voilà qu’ils reviennent. Aux abris ! Malgré leurs airs angéliques, ces deux là vont tout emporter à leur passage, les suffrages et nos cœurs d’artichaut.

Injustement fichés comme réplique nordique de Simon et Garfunkel, ils jouent une musique qui ne sonne jamais datée, et qui dans plusieurs décennies enchantera toujours nos têtes et notre âme. Rien que les deux voix, d’Erlend Øye et Eirik Glambek Bøe, qui se font écho, avec leurs guitares respectives, sur 24-25. C’est magique, il n’y a pas d’autres mots. Et puis, c’est tout un art de faire tinter les cordes de guitares comme une harpe. Sur Mrs. Cold, on retrouve ce flegme norvégien et cette coolitude particulière qui nous manquaient cruellement. Le rythme chaloupé donne envie de danser, ou du moins de siroter un mojito. Voilà la musique idéale pour les étés indiens, quand le soleil veut encore éloigner les premiers frimas de l’automne.

Me In You aurait pu figurer sur l’album « The Bowery » des Firekites. On comprend ce qui lie ces deux groupes, une vision noble de la ritournelle, celle qui fait mouche, qui s’accroche solidement dans nos cœurs pour ne plus en redescendre. Boat Behind est typiquement dans la veine des rois de l’aisance. Les cordes du violon font le mur et gambadent l’air guilleret à travers champs. Puis sur Rule My World, on se demande comment les Norvégiens font pour installer un rythme sans aucune batterie ni percussion. On a rarement autant voulu se déhancher, et cela sans aucun effort. La ballade My Ship Isn’t Pretty est si belle, et la douce voix d’ d’Erlend Øye nous fait frissonner. Tout n’est que délicatesse, dans cet éloge de la lenteur. Les cordes, toutes confondues, sont célestes, émouvantes, et nous étreignent le cœur.

Elles arborent un sourire plus confiant sur Renegade, et on est touché par le désarroi amoureux de la fleur bleue qu’est Erlend. D’autant plus qu’on s’y retrouve dans ses maladresses : Peacetime Resistance est une sucrerie jamais écœurante, dont on ne se lasse pas. Le violon semble rire de bon cœur, et joue à saute-mouton avec les guitares. La batterie invisible instaure un rythme entraînant, qui donne furieusement envie de tout envoyer balader, soucis et contraintes, pour s’ébrouer sur une plage norvégienne. Après avoir fait quelques brasses, on s’étend sur le sable et on écoute paisiblement Riot On An Empty Street, titre trompeur car les Norvégiens ne sont pas du genre à appeler à l’émeute. Ils finissent en beauté leur album avec Scars On Land, morceau languissant à souhait, à écouter quand le soleil glisse sur l’horizon, quand les vacanciers remballent leurs affaires, et quand il faut quitter la plage.

« Declaration Of Dependence » (titre très bien trouvé, au combien addictif), est un album d’une teneur impressionnante, malgré sa supposée légèreté. Certes les Norvégiens font une musique tranquille. Elle est belle, sensible, intelligente, distinguée, elle honore le pays du duo, et cette lumière nordique jamais tape-à-l’œil. A deux, ils font bien mieux que bien d’autres groupes, et cette alchimie parfaite laisse sans voix. Très loin des hypes insignifiantes, et des groupes à la durée de vie incertaine, les Kings Of Convenience sont tout simplement indispensables, des amis pour la vie. Leur nouvel album sera numéro 1, et plus rien ne pourra empêcher cette consécration.

Chroniqueur

Tracklist

  1. 24-25
  2. Mrs. Cold
  3. Me In You
  4. Boat Behind
  5. Rule My World
  6. My Ship Isn't Pretty
  7. Renegade
  8. Power Of Not Knowing
  9. Peacetime Resistance
  10. Freedom And Its Owner
  11. Riot On An Empty Street
  12. Second To Numb
  13. Scars On Land