La ballade of Lady & Bird


Un album de sorti en chez .

En 2003, Bardi Johansson, qui officie sous le pseudo de Bang Gang et Keren Ann, unissaient leurs talents et devenaient, le temps d’un album, Lady & Bird. Un disque raffiné dans sa simplicité, discret, plus proche peut-être des ambiances de Keren Ann mais qui portait la patte d’arrangeur de Bardi Johansson. L’expérience avait séduit, et […]

En 2003, Bardi Johansson, qui officie sous le pseudo de Bang Gang et Keren Ann, unissaient leurs talents et devenaient, le temps d’un album, Lady & Bird. Un disque raffiné dans sa simplicité, discret, plus proche peut-être des ambiances de Keren Ann mais qui portait la patte d’arrangeur de Bardi Johansson. L’expérience avait séduit, et on pouvait sincèrement espérer qu’elle trouverait une suite, même s’il n’était pas évident d’imaginer quelle forme elle pourrait prendre. Lorsque ce "Ballade of Lady & Bird" a été annoncé, on pensait donc qu’enfin, on allait y avoir droit. L’enthousiasme a toutefois vite été un peu douché. D’abord, ce disque n’est pas à proprement parler un nouvel album, mais l’enregistrement de concerts donnés par le duo à Reykjavik en 2008. Deuxième écueil, l’album ne propose pas de titres de l’album de Lady & Bird, à une seule exception (Run on the evening sun), mais alterne des titres du répertoire de Keren Ann en solo et de Bang Gang. 

C’est donc un brin dépités qu’on entre dans cet album un peu trompeur. Cependant, le contexte des concerts de Reykjavik était quand même un peu particulier, puisque nos deux oiseaux se produisaient accompagnés de l’orchestre symphonique islandais. Conditions luxueuses, donc, mais qui peuvent se révéler périlleuses. Pourtant, ce sont ces conditions qui donnent une unité et une âme à cet album. En effet, Keren Ann s’en sort plus qu’honorablement comme interprète sur des titres comme Sailor and widow ou Que n’ai-je, parfaitement relevés par l’accompagnement des cordes. Quant à Bardi Johansson, c’est toujours son côté arrangeur sophistiqué et un brin extravagant qui a fait sa réputation. Alors lui donner l’occasion de s’exprimer avec un orchestre, c’est une aubaine qu’il n’aurait sans doute manqué sous aucun prétexte, et ça se sent. Ghost from the past, issu de son dernier album en date, prend ici toute sa dimension avec sa structure circulaire qui se déploie petit à petit, Inside retrouve l’élan que certains peuvent juger un peu outrancier mais cependant audacieux qui lui correspond avec son déluge de cordes en fin de parcours. 

C’est finalement dans cette grâce qui allie luxe des moyens et économie dans l’expression chez Keren Ann qui fait que nos deux compères, en incarnant chacun leurs répertoires respectifs, redeviennent Lady & Bird, ce duo fait pour l’éphémère, une certaine fragilité, une certaine idée de l’onirisme dans la pop music. La déception du départ est donc en partie effacée, car on tient là un bien joli disque, une fois de plus.

Rédacteur en chef
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

La disco de Lady & Bird