Ladytron - Gravity The Seducer

Gravity The Seducer


Un album de sorti en chez .

Avec un groupe électro-pop, qui plus est mené par deux vocalistes féminines, c’est sans surprise que "Gravity The Seducer", cinquième album de l’ensemble, s’ouvre sur deux titres qui auraient pu être façonnés par la première mouture d’Eurythmics. White Elephant et Mirage vont donc introduire un disque sur cette aura à la fois distanciée et froide […]

Avec un groupe électro-pop, qui plus est mené par deux vocalistes féminines, c’est sans surprise que "Gravity The Seducer", cinquième album de l’ensemble, s’ouvre sur deux titres qui auraient pu être façonnés par la première mouture d’Eurythmics. White Elephant et Mirage vont donc introduire un disque sur cette aura à la fois distanciée et froide avec ces parcelles de tentatives de dramatisation qui, il faut bien le dire, ont souvent maille à partir avec le genre. Les mélodies ne sont pas immédiates mais nullement désagréables.

L’exercice est convenu, tout comme, et c’est là où les choses dérapent, sur un White Gold, effort symphonique dans la mesure où il s’éloigne de la « pop song » directe. Las, le groupe s’englue dans des couches de variations rythmiques d’où ne surnage qu’un riff addictif au synthétiseur qui peine à se faire entendre au milieu des nappes de claviers et d’une phrase répétitives s’évertuant à transformer le titre en une mélopée.

Ce qui dirige l’album est, en fait, d’une part, son manque de direction : Ace of Hz, pâle jeu de mots, renoue avec la ritournelle synth-pop au point d”évoquer de manière subliminale les Spice Girls et des morceaux comme Moon Palace, Altitude Blues ou Ambulances cultivent à satiété climats brumeux et frileux, « enrichis » par des voix si enfantines que l’on n’est plus très loin de ces acides sonneries de crécelle.

Quand le groupe s’aventure vers d’autres schémas plus « rock » (sic!) il est desservi par des percussions squelettiques et atones alors qu’un chorus nécessiterait une attaque plus franche (Melting Ice) ou par, tout simplement l’inanité de vouloir transposer aux synthétiseurs ce qui devrait être exécuté par une guitare ( un Ritual, instrumental garni de ce côté récursif qui l’apparenterait à un mantra).
C’est d’ailleurs sur ce second point que "Gravity The Seducer" pêche : sur douze titres on va en effet en compter trois qui sont des instrumentaux comme si le groupe se voyait confronté à un manque d’inspiration. Transparent Days est anodin et à zapper et Aces High, en outre, n’est qu’une resucée arrangée de façon minimaliste de Ace of Hz précédemment parcouru.

Si on ajoute que Altitude Blues pourrait presque être considéré de la même manière puisque la musique sert de toile de fond à une récitation façon « expérimentation » à la Duras, il faut bien reconnaître que nous sommes face à un pot-pourri à la fois blafard et anémique. Ladytron semble vouloir faire une chose et son contraire ; à la fois naviguer sur une ligne d’épure à la lumière d’orchestrations opalescentes et se frotter à d’autres registres, plus charnus, jouant ainsi sur le terrain du contre-emploi.

Peut-être se rendra-t-il alors compte quelque part, que celui-ci s’avère contre-nature et abandonnera-t-il cette volonté de réaliser un album, si ce n’est difficile, du moins trop malaisé à manier.

Chroniqueur
  • Publication 304 vues22 octobre 2011
  • Tags LadytronNettwerk
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Tracklist

  1. White Elephant - Strange Fruit Remix
  2. Mirage - Mixhell Remix
  3. White Gold - Tarsius Remix
  4. Ace of Hz - Punks Jump Up Remix
  5. Ritual - Reset! Remix
  6. Moon Palace - ARIISK Remix
  7. Altitude Blues - Outfit Remix
  8. Ambulances - Gosteffects Remix
  9. Melting Ice - The Chaotic Good Remix
  10. Transparent Days - SONOIO Remix
  11. 90 Degrees - Somekong Remix
  12. Aces High - Ladytron Remix

La disco de Ladytron