Lambshop - How I quit smoking

How I quit smoking


Un album de sorti en chez .

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Toute l'élégance et la classe du groupe mené par Kurt Wagner : la plus haute idée de la country !

Appeler son groupe “côtelette d’agneau”, quelle idée… L’incongruité de cet étrange patronyme pourrait détourner l’auditeur ou évoquer une bande potache de rock festif. Rien de tout cela avec le groupe de Kurt Wagner qui vise au contraire à la sophistication la plus raffinée, à l’expression de la musique country américaine dans ce qu’elle a de plus élégant. La difficulté rencontrée par le critique est alors de trouver des choses intéressantes à raconter, au-delà de l’épuisement des champs lexicaux de la finesse et de la beauté. Pourtant, il faut bien commencer, avant toute chose, par reconnaître la grandeur de cette musique d’où la moindre faute de goût est exclue.

Sous la houlette de Kurt Wagner, Lampchop propose tout simplement la plus noble interprétation du style country-rock. Un disque de Lampchop, c’est une véritable orfèvrerie sonore, une luxuriante caverne d’Ali Baba où l’on pourra chercher à loisir des trésors de sons, d’élégance, de classe. Tout cela n’est pas sans risque, car la splendeur de l’écrin et le classicisme de la forme constitueront justement les écueils principaux qui conduiront certains auditeurs à négliger un groupe qui passe souvent sous les radars. À force de classicisme, le groupe de Kurt Wagner peut avoir du mal à se singulariser. À force d’élégance, il court le risque d’une préciosité confinant à l’afféterie, mal vue dans le milieu pop-rock.

Ces réserves sont rapidement balayées à l’écoute de “How I Quit Smoking”. La production est simple, mais idéalement travaillée : toutes les prises de son sont magnifiques et mettent parfaitement en valeur le timbre particulier de Wagner, au même titre que les nombreux instruments. Les sonorités boisées des flûtes qui rehaussent Suzieju et The Scary Caroler répondent ainsi avec un naturel déconcertant aux entrelacs de pedal steel et de cordes qui ourlent The Man Who Loved Beer ou We Never Argue. Et que dire de la partie de guitare inoubliable de Theöne ? La sobriété apparente cache ainsi une luxuriance d’idées d’arrangements, qui rehaussent encore des chansons dont l’écriture pourrait par ailleurs se suffire à elle-même.

À ce niveau de sophistication, de méticulosité, on ne trouve plus grand-monde – on navigue là à des altitudes où l’oxygène est rare et le peloton ahane assez loin derrière. “How I Quit Smoking” relève donc d’un plaisir raffiné : c’est un disque d’une finesse inépuisable et aux richesses sans cesse renouvelées, long en bouche comme un bon Bourgogne. Alors oui, c’est très calme, cela aurait même pu être soporifique, mais sur un style éculé, parvenir à trouver un propos aussi pertinent et à livrer une oeuvre aussi aboutie n’est pas un mince exploit.

Chroniqueur

Tracklist

  1. For Which We Are Truly Thankful
  2. The Man Who Loved Beer
  3. The Militant
  4. We Never Argue
  5. Life's Little Tragedy
  6. Suzieju
  7. All Smiles and Mariachi
  8. The Scary Caroler
  9. Smuckers
  10. The Militant (2)
  11. Garf
  12. Your Life as a Sequel
  13. Theöne
  14. Again