The Empty Heart Of The Chameleon


Un album de sorti en chez .

Les bras en croix, frissons passagers, on s’apprête à sauter. Au fond d’une mer d’eau glacée, la chair de poule criarde de ceux restés à la surface devient dérisoire à en couler. La beauté des profondeurs ne serait pas la même si tout le monde y avait accès. Une cité d’Atlantis remplie de caravanes allemandes […]

Les bras en croix, frissons passagers, on s’apprête à sauter. Au fond d’une mer d’eau glacée, la chair de poule criarde de ceux restés à la surface devient dérisoire à en couler. La beauté des profondeurs ne serait pas la même si tout le monde y avait accès. Une cité d’Atlantis remplie de caravanes allemandes et de stands de coquillages frits, c’est comparable à un Disneyland en Pologne.

Liam Singer est un songwriter qui a une prédilection prononcée pour le piano et les tabourets pour une personne. Tout comme Sufjan Stevens ? dont le timbre de murmure est assez proche ? a une prédilection pour le banjo et les cabrioles. Cet originaire de Portland mêle sur « The Empty Heart of The Chameleon » musique classique et folk avec grandeur et modestie.

C’est le titre The Last qui fait les présentations. Après deux couplets, on ne sait plus très bien si l’on écoute du Elliott Smith ou du Glenn Gould. Et c’est justement ce métissage confus qui fait la beauté de ce disque. Le très beau et fantomatique Trying Shoes / Climbing Stairs est l’un des instrumentaux qui vous feront tourner la tête. Montées, accélérations, apesanteur, pas besoin d’avoir la discographie complète de Chopin pour apprécier.

On se déguiserait bien en pingouin pour accueillir le souffle hivernal de One day comme il se doit. Sans doute la perle engloutie de l’album. En opposition à un Between My Lips, Which Did Sing un peu pompeux comme sait l’être Rufus Wainwright à sa manière.

« The Empty Heart of The Chameleon » est une oeuvre cristalline. Le choc à son écoute est pareil à a celui d’un bain de minuit dans l’océan arctique. Le corps nu flottant près de la banquise, on se met soudain à rêver d’être un pianiste… avant d’être attaqué par un banc de morses sanguinaires. Triste fin.

Chroniqueur

La disco de Liam Singer