Immortal Memory (avec Patrick Cassidy)


Un album de sorti en chez .

Bien des larmes ont coulé et bien des morts ont arrêté de danser lors de la séparation de Dead Can Dance. Frustré, le fan l?a sans aucun doute été depuis, puisque ni Brendan Perry ni Lisa Gerrard n?avait jusque là réussi à recréer en solo la magie qui s?opérait par le passé à deux, à […]

Bien des larmes ont coulé et bien des morts ont arrêté de danser lors de la séparation de Dead Can Dance. Frustré, le fan l?a sans aucun doute été depuis, puisque ni Brendan Perry ni Lisa Gerrard n?avait jusque là réussi à recréer en solo la magie qui s?opérait par le passé à deux, à part peut être sur quelques brefs soubresauts, et malgré l?espoir suscité par le sublime « The Mirror Pool » que la belle avait sorti avant la disparition du groupe.
Le manque était réel puisque bien d?autres ont tenté, depuis, de recréer les ambiances ethno-médiévales, et autres métissages mystiques, sans pour autant atteindre le niveau des maîtres. Mais le jour tant attendu est enfin arrivé : « Oui mes amis, inclinez-vous, car la grande prêtresse est de retour ! »

Après une assez longue introduction dans une ambiance planante assez traditionnelle dans ses créations, la voix si caractéristique de Lisa Gerrard, grave et pénétrante, fait son apparition, pleine de majesté, et vous rappelle dès les premières intonations pourquoi vous l?aimiez tant.
La B.O. de « Whale Rider » nous avait déjà mis sur la voie : la convalescence après le décevant « Duality » se passait plutôt bien. « Immortal Memory » ne fait que confirmer que la reine retrouve sa puissance. Pour l?occasion, elle a fait appel au compositeur Irlandais Patrick Cassidy, plus connu dans la musique contemporaine, surtout pour son travail de relecture de la tradition irlandaise.
Ce dernier a cherché à explorer et exploiter les limites de Lisa qui considère la musique comme « l?endroit où aller pour se réfugier. Un sanctuaire loin de la médiocrité et de l?ennui. (Elle) est innocente, c?est le lieu idéal pour se perdre dans ses pensées, ses souvenirs?»
Exit alors les rythmiques tribales et autres ambiances orientales, pour se concentrer sur une musique beaucoup plus atmosphérique voire funèbre inspirée de la mythologie celte. Travaillant à partir de vieux poèmes irlandais, Lisa adopte pour son interprétation aussi bien le gaélique ancien, l?araméen que des sonorités sans mots.

La musique est très éthérée, parfois presque murmure, donnant alors un cadre idéal pour que la voix de Lisa prenne le plus d?ampleur possible, accentuant le pouvoir de créer en vous sensations, visions et émotions. Quelques faux pas, aussi, peut-être dus à ses nombreuses collaborations sur des bandes originales de blockbusters (Gladiator, Mission Impossible 2, Heat, Ali?). Ainsi certaines lignes de cordes de Amergin?s invocation auraient pu figurer au générique du « Seigneur des Anneaux »?

Si Lisa Gerrard n?est pas encore à son meilleur niveau, elle s?en rapproche grandement, et comme pour nous le confirmer Psallit in Aure Dei clôt l’album avec la quasi-perfection d?un Salvean ou d?un Violina (cf. « The Mirror Pool »). Respect, grandeur et recueillement !

Chroniqueur
  • Publication 272 vues20 janvier 2004
  • Tags Lisa Gerrard4AD
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