Honey


Un album de sorti en chez .

8

Nouvelle signature radicale de Constellation.

Même si depuis la création du label au milieu des années 90, le spectre des artistes qu’ils promeuvent s’est élargi, Constellation a su rester fidèle à sa volonté d’être le reflet du bouillonnement créatif, alternatif et avant-gardiste de la scène musicale de Montreal, et le prouve une nouvelle fois avec la publication du premier album de Lungbutter, trio actif depuis quelques années, que ce soit ensemble ou, à titre individuel, dans diverses formations locales. Lungbutter, constitué de Ky Brooks au chant, Joni Sadler à la batterie et Kaity Zozula à la guitare, joue un punk-rock direct et sans fioritures, qui a tout pour plaire.

Car, c’est un fait, ces derniers temps, les artistes les plus intéressants proposent soit un folk raffiné soit du rock arty à guitares. Et si, sur le papier, on imagine Lungbutter plus « aride », plus « brutal » et moins sexy que des formations comme Shame ou Fontaines D.C, auxquelles on promet un avenir radieux, l’écoute d' »Honey » a tout pour remettre les compteurs à zéro. D’abord parce que Ky Brooks, qui est une fille, précision utile, déploie un chant chaloupé, joue d’intonations aguicheuses qui donnent immédiatement une dimension plus sensuelle, si tant est que le mot soit bien choisi, à leurs morceaux que s’ils avaient été éructés par une voix masculine. Des morceaux évidemment menés à un rythme endiablé par la guitare et la batterie, mais si le son est plus crasse que chez leurs homologues britanniques, on est très loin d’un magma qu’on aurait pu croire informe, trop expérimental et difficile à appréhender.

Tout au contraire, Lungbutter offre un condensé d’efficacité, sans non plus être calfeutré dans un schéma immuable et répétitif. On aura ainsi droit au tellurique et instable Intrinsic, au direct et intransigeant Solar qui n’est pas sans rappeler Sonic Youth période « Sister », au terriblement addictif Flat White et ses riffs de guitare étourdissants, au quasi-dansant Bravo que ne désavouerait pas Courtney Barnett. En résulte un album comme on les aime, brut, intense et sans calcul, mais en même temps extrêmement séduisant. On aimerait vraiment que, contre toute attente, Lungbutter atteigne un maximum d’oreilles et fasse chavirer les coeurs. L’histoire aurait incontestablement de l’allure.

Rédacteur en chef
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Honey
  2. Solar
  3. Vile
  4. Flat White
  5. Bravo
  6. Henry Darger
  7. Intrinsic
  8. Maryland
  9. Depanneur Sun
  10. Curtain
  11. Veneer

La disco de Lungbutter

Honey8
80%

Honey