Baxendall (Split EP avec Virga)


Un album de sorti en chez .

Baxendall ou comment l?excellent label Unique Records réinvente et s?approprie le concept du split album. Ici, les influences et les sonorités des deux artistes, en l?occurrence Virga (aka Lionel Maraval) et Lunt (aka Gilles Deles), se mêlent et s?entrechoquent pour ne plus former qu?une seule véritable identité musicale qui s?épanouit tout au long de ces […]

Baxendall ou comment l?excellent label Unique Records réinvente et s?approprie le concept du split album. Ici, les influences et les sonorités des deux artistes, en l?occurrence Virga (aka Lionel Maraval) et Lunt (aka Gilles Deles), se mêlent et s?entrechoquent pour ne plus former qu?une seule véritable identité musicale qui s?épanouit tout au long de ces huit titres. Le perfectionnisme de Lionel Maraval côtoie l?esthétisme sonore de Gilles Deles dans un univers qui combine l?électro de Virga et les multiples directions musicales (post-rock, ambient, rock indé?) qu?aime emprunter Lunt.

C?est Virga qui ouvre le bal avec l?excellent « Shining » dans lequel on retrouve les ambiances développées sur son premier opus « Eïdos », à savoir une électro chaude et prenante, avec ce talent pour faire d?un simple bruit récurrent une mélodie entêtante et envoûtante. Il est indéniable que l?électro de Virga a gagné en puissance et énergie, et ce n?est pas « Heliotrope » qui va démentir cette impression : à des passages ambients succèdent des moments plus intenses, bien aidé en celà par la guitare de Lunt. Le mélange des influences devient alors plus palpable, « Heliotrope » ayant quasiment la structure d?un morceau rock.

Si Lunt a apporté davantage d?énergie et de puissance dans l?électro de Virga, le second semble avoir apporté plus de douceur et de sérénité dans la musique du premier, impression confirmée par le remix beaucoup moins bruyant et dissonant de l?excellent « One Day » (disponible en version originale sur le premier album de Lunt). Lunt intensifie ainsi les sonorités électroniques sur « Geodesic » et « Stretched meridians » sans toutefois abandonner les guitares. Oubliée (momentanément) la dissonance chère à son premier album éponyme, les mélodies sont plus douces, plus sereines sur ces deux instrumentales et le mélange entre l?électro et les guitares est harmonieux, aidé par un glockenspiel malin. Ni totalement post-rock, ni vraiment électro, Lunt envoie balader toutes les étiquettes et crée un style personnel et apaisé.

Mais la véritable fusion entre les deux univers de Lunt et Virga prend véritablement toute son ampleur sur le phénoménal « Hix ». Aux beats et nappes électros se joint un riff de guitare accrocheur ; le morceau gagne alors progressivement en puissance pour finir en dissonance parfaitement contrôlée. On retrouve avec bonheur les points forts de Virga et Lunt qui parviennent à une osmose quasi-parfaite sur les six minutes que dure cette plage. On tient alors la véritable identité de ce qui pourrait devenir un groupe à part entière. Espérons maintenant que les aventures de ce duo pour l?instant temporaire se poursuive sur un nouvel album commun. Vivement la suite, s?il y en a une?

Chroniqueur

La disco de Lunt