June


Un album de sorti en chez .

La pochette de « June », avec ses paquebots immobiles et enfumés sur un océan grisé, annonce l’ambivalence des sentiments qui jaillissent à l’écoute de ces treize chansons teintées d’amertume. d’une part, l’invitation au voyage, depuis cette ville de Nantes d’où sont originaires Julia Lanoë et Carla Pallone (les deux musiciennes de Mansfield. TYA) jusqu?aux […]

La pochette de « June », avec ses paquebots immobiles et enfumés sur un océan grisé, annonce l’ambivalence des sentiments qui jaillissent à l’écoute de ces treize chansons teintées d’amertume. d’une part, l’invitation au voyage, depuis cette ville de Nantes d’où sont originaires Julia Lanoë et Carla Pallone (les deux musiciennes de Mansfield. TYA) jusqu?aux rivages de l’Irlande, de l’Amérique et du Canada de Leonard Cohen. d’autre part, la sensation d’étouffer dans un paysage qui confine à la neurasthénie. On se demande quand percera le soleil sur ce bord de mer d’un mois de juin brumeux.

l’album commence tout doucement, sur quelques notes de guitare répétitives, avant qu?apparaissent le violon et la voix, un chant juvénile qui semble déjà pleurer le bonheur perdu. Et demain déjà évoque le temps qui passe et les souvenirs qui se perdent. Une nostalgie exprimée non pas avec langueur, mais véhémence. Sur Les faiblesses, la musique crisse au point de devenir parfois dérangeante et lourde dans son atmosphère. l’écriture est belle, mais le chant reste sur le fil, au bord de la rupture. Les paroles se mélangent, se brouillent comme les larmes. On pense ensuite au Monochrome de Yann Tiersen et Dominique A, avec le chant en anglais de One million eyes, posé sur une valse mélancolique, auquel répond Mon amoureuse, interprétée comme une chanson traditionnelle.

Le début de chaque morceau annonce la couleur. Les riffs de guitare s?accélèrent dès les premières mesures de The shout of rain, esquissant un rock où la tension est telle que l’on oublie complètement l’absence de batterie. De même sur The days goes pale, qui va piocher dans les notes graves et la distorsion. On plonge ensuite dans le roman noir avec Pour oublier je dors, horrible résonance de fait divers, où un homme raconte le meurtre particulièrement sordide de sa femme, âmes sensibles s?abstenir? Heureusement, la sublime reprise du For You de Leonard Cohen, mêlant danse folk et chanson rock classique, vient rompre ce fil de chansons assez sombres. Suivent la valse et le chant sinueux de Fools, puis l’orgue étonnamment souriant de Doesn’t matter who you are, comme une inattendue bouffée d’air frais.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Et demain déjà
  2. Tes faiblesses
  3. One Million Eyes
  4. Tomorrow
  5. Mon amoureuse
  6. The Shout of Rain
  7. The Day Goes Pale
  8. Pour oublier je dors
  9. On a Boat
  10. For You
  11. Fools
  12. Doesn't Matter Who You Are
  13. Bella Dona

La disco de Mansfield.TYA