Mardi Gras.bb - My Private Hadron

My Private Hadron


Un album de sorti en chez .

Les cuivres et le rock n’ont pas toujours fait bon ménage ; quelques fameux contre-exemples (en premier lieu desquels Alone Again Or, de Love) ne réussissent qu’à peine à masquer un mal assez profond, qui culminera au cours des années 80 avec l’omniprésence de saxophones baveux dans certaines des pires cochonneries préfabriquées concoctées par les […]

Les cuivres et le rock n’ont pas toujours fait bon ménage ; quelques fameux contre-exemples (en premier lieu desquels Alone Again Or, de Love) ne réussissent qu’à peine à masquer un mal assez profond, qui culminera au cours des années 80 avec l’omniprésence de saxophones baveux dans certaines des pires cochonneries préfabriquées concoctées par les plus atroces marchands de soupe.

Plus récemment, les cuivres ont bénéficié d’un regain d’intérêt par le côté festif que leur exubérance peut apporter – sensible sur les bandes originales de films d’Emir Kusturica, par exemple. Sur la pertinence de la chose, les avis divergent, le No Smoking Orchestra de Kusturica ayant ses admirateurs (au rang desquels on peine à se rallier). Quant à Mardi Gras.BB, on pourrait les ranger aux côtés de quelques autres Brass Band éclos ces dernières années dans une putative filiation du No Smoking Orchestra.

Mardi Gras.BB jouit d’une réputation flatteuse, acquise principalement grâce à des performances scéniques appréciées. Sur le papier, la simple description du collectif dégage une truculence assez appétissante : quatorze membres référencés sur leur page MySpace pour cette formation à géométrie variable menée par Doc Wenz, et donc les morceaux sont accompagnés aux platines par … DJ Mahmut. Une telle approche, volontairement basée sur une relation groupe / public, n’est pas évidente à faire fructifier sur disque. Ce n’est hélas pas "My Private Hadron" qui nous fera changer d’avis : avec ses compositions blues-rock sans réelle originalité, Mardi Gras.BB montre toutes ses limites sur cet album mou du genou. L’omniprésence structurelle des cuivres n’apporte rien de plus aux chansons qu’un fond sonore qui dépasse à peine le stade du gimmick, un comble pour un groupe dont l’existence est motivée par ce seul fait…

Sans morceau fort, et plombé par une production très lisse, "My Private Hadron" ne parvient pas à tromper le scepticisme initial, ennuie rapidement et pour tout dire insupporte en fin de parcours. Un parti-pris d’interprétation peut s’avérer une raison suffisante pour la création d’un groupe, mais pour avoir une réelle pertinence, il faut tout de même avoir des chansons…

Chroniqueur