I Spy EP Artwork

I Spy


Un album de sorti en chez .

7

Mikhael se tortille en slip dans ses clips... ...mais il sait aussi faire mieux.

La lecture d’un article sur le site de Stereolux et la découverte de cet artiste en première partie du concert d’Anna Calvi nous auront donné envie d’aller plus loin et de chroniquer cet EP.

Il semble que la Scandinavie et d’autres pays frisquets soient désormais pourvoyeurs de belles réussites et surtout de sons nouveaux, comme si la créativité se trouvait émoustillée par les frimas.

Pour les plus connus, Reykjavik nous a envoyé les inimitables Sigur Ròs et plus récemment le romantique ténébreux Ásgeir. Bergen tente de nous convertir aux ritournelles électro pop de Mø et les Danois nous ont envoyé la virtuose Obel qui continue d’étonner et d’émouvoir (plus particulièrement en France).

Cette fois, c’est Ålesund, superbe ville côtière colorée du nord de l’Europe qui nous envoie une sorte de trublion pop assez décapant en la personne de Mikhael Paskalev.

Mikhael est donc norvégien d’origine, il pratique comme il le rappelle avec malice, une « bastardized soul », une musique alternative donc, qui ne ressemble à rien et c’est tellement plaisant en ces temps de disette sonore et de conformisme musical (pas d’ambiance « psyché quelque chose » dans ses morceaux). C’est une pop  joyeuse qui peut paraître assez foutraque mais qui au final, au bout de plusieurs écoutes, se révèle très précise sans être trop produite.

Seuls quatre titres sont à décortiquer, alors passons les en revue un à un, si vous le voulez bien.

I Spy : c’est ce qu’on appelle un incipit tonitruant de moins de 3 minutes, une sorte de folk avec une pointe de country et un refrain pétillant. Guitare sèche et harmonica au programme avec en arrière plan une voix féminine appréciée en concert.

Susie est une jolie petite déclaration enjouée dans laquelle Mikhael montre une belle maîtrise de la 6 cordes (le jeune homme gratte depuis l’âge de 12 ans). On adore particulièrement ce « Suzette » lâché à mi parcours de ce petit morceau de 2:39.

Come On est sans nul doute le titre phare de ce court album, la voix du scandinave devient suave, c’est chaud, ça pourrait faire fondre rapidement le Svartisen mais fera plus certainement fondre les âmes féminines car il est bourré de phéromones, ce titre.

Dust : ici, les cordes en nylon de la folk résonnent, l’ampleur vient avec une basse de plus en plus présente et le doux refrain fait des merveilles. Ce morceau clôture ce mini-album et laisse un goût prononcé de « pas assez ».

Avec sa voix légèrement nasillarde, parfois syncopée, dont le seul débit qui augmente ou ralentit donne du rythme à chaque titre, Paskalev nous offre des pop songs séduisantes et d’une grande singularité.

Mikhael ? Il nous faut cet album ! Vraiment !

Chroniqueur

La disco de Mikhael Paskalev