Every Country’s Sun


Un album de sorti en chez .

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Nouvel album pour les inoxydables Ecossais.

Vingt ans tout juste que les Ecossais publiaient leur premier album et, le comble, c’est que l’on ne s’étonne même pas de les retrouver cette année encore au rendez-vous de cette rentrée musicale. Mais, il faut bien l’avouer, en dépit d’une discographie en dents de scie, le combo a su mener sa barque mieux que la plupart de ses contemporains, qui ont souvent rendu les armes ou sont lentement tombés aux oubliettes après quelques albums. Le point fort de Mogwai est sans doute d’avoir su rebondir là où ne les attendait pas forcément, notamment quand, en plus de leurs albums, ils ont signé la bande son de plusieurs documentaires. Musicalement, ils ont su éviter le surplace en évoluant vers des sonorités synthétiques ou en s’approchant parfois de la pop quand ils ont invité des voix sur leurs albums. La limite, c’est qu’ils n’ont pas toujours su tracer de ligne claire dans leur discographie entre véritables albums, B.O et autres albums de remixes, ce qui fait qu’on ne sait plus très bien où ils en sont aujourd’hui. C’est donc paradoxalement sans trop de recul qu’on entre dans « Every Country’s Sun ».

Coolverine, qui ouvre l’album et a en plus servi de titre lancé en éclaireur pour annoncer sa sortie n’est pas du genre à apporter beaucoup d’éclaircissements : six minutes instrumentales pas désagréables mais assez convenues, avec un accord de guitare en motif et quelques sonorités autour, c’est ce qu’on appelle une introduction à zéro prise de risque. Dans la foulée, c’est Party In The Dark qui prend le relais. Titre là encore dévoilé avant la sortie de l’album qui se révèle une gentille pop song chantée avec guitares en avant mais policées. Il faut attendre Brain Sweeties pour avoir de l’inédit, mais là encore, une certaine neutralité domine : les claviers sont davantage à l’honneur mais, à part ça, on a droit à un thème mélodique pépère, ça s’écoute sans déplaisir sans non plus susciter d’émotion particulière. La suite de l’album est dans la même veine : le principal enseignement est que, par rapport à « Rave Tapes » paru en 2014, le groupe revient globalement à une base plus organique. Pour le reste, on a surtout droit à une pop instrumentale souvent plus décorative que transcendante, tranquille, confortable, et ce n’est ni l’ambiance plus nébuleuse d’Aka 47 ni les guitares plus ronflantes de 20 Size qui changeront la donne.

Sur la seconde moitié de l’album, Mogwai alterne morceaux à l’ambiance feutrée (1000 Foot Face, Don’t Believe The Fife), aux accords rares et parcimonieux, qui inévitablement rappellent « Come On Die Young », sans que le groupe ne retrouve la beauté noire de son second opus tout en tension rentrée et d’autres plus incendiaires (Old Poisons), plus proches de leur période « The Hawk Is Howling » . Bref, avec « Every Country’s Sun », Mogwai joue le consensus, explore sa zone de confort, plaira à ses indéfectibles fans, ne convaincra pas les autres. Mais hors de question de crier au chant du cygne. Les Ecossais se retrouvent une fois de plus devant la nécessité de se réinventer, il leur reviendra de relever le défi.

Rédacteur en chef
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Coolverine
  2. Party in the Dark
  3. Brain Sweeties
  4. Crossing the Road Material
  5. aka 47
  6. 20 Size
  7. 1000 Foot Face
  8. Don't Believe the Fife
  9. Battered at a Scramble
  10. Old Poisons
  11. Every Country's Sun