Rave Tapes


Un album de sorti en chez .

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Le groupe emblématique de post-rock écossais revient pour un huitième album, "Rave Tapes".

Le groupe Mogwai a encore frappé avec ce huitième album qui annonce une belle année musicale pour 2014. Petit bijou qui signe une continuité et fidélité à leur carrière de 20 ans. Depuis quelques temps, les Ecossais multiplient les projets et sortent pas mal de morceaux mais le talent est toujours là.

Après la sortie, l’année dernière, de la bande originale de la série française « Les Revenants », on pouvait avoir un peu peur de ce nouvel album. Mais désormais, nous voilà rassurés. Le talent et la justesse sont de rigueur sur cet album. Ce que l’on peut souligner, c’est surtout la constance de leur travail. Ils ne renient jamais leurs origines musicales et pourtant chaque album apporte de nouvelles sonorités mélancoliques et noires comme ils ont tant l’habitude de faire. Avec « Raves Tapes », on entre dans des morceaux intenses, qui nous emportent, comme si nous étions dans un film. Des émotions personnelles naissent et leur univers atypique de lignes de basse et de guitare continues, portées par les sons électroniques, nous envoûte. En deux décennies, ils n’ont pas pris une ride, ils ont juste gagné en maturité et en indépendance.

On le sent dès le début de l’album avec le premier morceau Heard About You Last Night. On ressent direct cette mélancolie qui nous fait rentrer dans l’ambiance et la ligne directrice de l’album. Mais à travers la mélancolie, les sons restent tout de même joyeux. Le morceau  Remurderded illustre d’ailleurs parfaitement bien l’univers musical de Mogwai si particulier et atypique. Avec ce morceau, on prend pleinement conscience de la puissance du groupe. Les sons de claviers, de guitares ou encore de batteries, nous plongent totalement dans cette ambiance « mélo joyeuse » de l’album. Avec d’autres morceaux comme Hexon Bogon ou encore The Lord is Out Of Control, on s’aperçoit que la rage du passé laisse place à un certain apaisement. Tout n’est pas noir sur cet album, l’ambiance est en demi-teinte entre la joie et la mélancolie.

Sur les premiers titres, il n’y a aucune présence vocale, mais lorsque la voix apparaît sur le morceau Repelish, on est complètement charmé et on en demande encore. Le chanteur n’utilise sa voix qu’occasionnellement sur l’album mais lorsqu’il le fait, c’est à juste titre. Repelish est un monologue profond qui évoque la musique et le côté subliminal des paroles dans les chansons. Ici, il l’illustre avec Starway to Heaven de Led Zeppelin. Les paroles ne sont pas chantées mais parlées. Ce choix donne un côté profond au texte et nous ressentons l’impression de recevoir une leçon à travers ce morceau. Il veut souligner ce côté satanique dans la musique, il a envie de nous faire réfléchir en finissant par ce What about you ? What do you choose ?. Morceau complètement implicatif qui est là pour nous faire réagir. La voix n’est donc absolument pas utilisée par hasard. Dans le morceau Blues Hour, la voix est présente et encore une fois, ce n’est pas pour mettre un son de type papier peint. Il y a un message, une émotion et un sens qui sont portés pour cette voix douce et beaucoup plus mélodieuse que sur Repelish.

Tout en gardant le même fil rouge, ils apportent de nouveaux éléments, de nouvelles sonorités, illustrant à merveille ce que l’on appelle le changement dans la continuité. Une très belle évolution pour ce groupe qui a été prometteur dès son premier album « Young Team » en 1997. Nous retiendrons de cet album le spleen qui nous emporte durant ces 10 chansons sublimes.

Chroniqueur
  • Publication 558 vues4 février 2014
  • Tags MogwaiSub Pop
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Tracklist

  1. Heard About You Last Night
  2. Simon Ferocious
  3. Remurdered
  4. Hexon Bogon
  5. Repelish
  6. Master Card
  7. Deesh
  8. Blues Hour
  9. No Medicine For Regret
  10. The Lord Is Out Of Control