-22.7°C


Un album de sorti en chez .

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L'aventure comptée avec poésie et beats.

Que pouvait bien nous offrir Molécule après la sublime expérience « 60°43′ Nord« ? Malgré la lourdeur et le risque de la tâche, l’artiste s’y recolle. Initialement, le projet était d’intégrer une équipe de scientifiques en Antarctique. Devant la non faisabilité du projet, changement de plan… Molécule s’est dirigé vers Tiniteqilaaq, village de 80 âmes du Groenland, cinq semaines durant, accompagné du seul Vincent Bonnemazou, qui aura pour charge d’associer le visuel aux sons. Confronté aux éléments et au rude rythme de vie des locaux, l’artiste va insuffler à son album les ambiances, sensations et sons de cette expérience clairement à part. Voilà en quelques mots spartiates comment Molécule définit son projet :

« Partir se confronter aux éléments au cœur d’une nature sauvage, dominante. Ecouter, enregistrer pour composer une musique entièrement sur place. Une bande son sensorielle. Aucune note ne sera ajoutée après le retour. »

Enfanté par cette expérience, la sortie se fera sous la forme d’un double vinyle accompagné d’un livre, un diptyque déjà utilisé pour le prédécesseur de cet opus.

Ce qu’il y a de paradoxal à chroniquer cet album est que c’est à la fois simple et impossible. Simple parce que la démarche est limpide et le contexte plutôt extrême : solitude, conditions spartiates, danger. Impossible, car on est dans le sensitif pur, quelque chose qui tient plus de l’image mentale que du littéral.

Mais attention, « -22,7°C » n’est pas qu’une ambiance, sa force tient même de tout autre chose… Craquement de pas, souffle haletant, chiens, cris, explosions d’icebergs, neige craquant sous les pas, voilà ce qui habite l’opus, ce qui constitue sa colonne vertébrale. Cette capacité à produire de l’électro organique et incarnée, Molécule nous en avait déjà fait profiter avec « 60°43′ Nord« , mais on arrive au stade supérieur. Du moins le sujet semble d’autant plus propice à la pratique. Nous vous laisserons en juger avec le clip de Violence.

Voilà donc la beauté sublime, lunaire que nous livre Molécule. Un carnet de voyage, ni touristique, ni anthropologique, « -22.7°C » est une expérience de vie extrême contée par les mots d’un artiste à part. Le résultat était voué à nous plaire, avides que nous sommes de singularité. Mais on retiendra que cela va plus loin. Jamais facile dans les choix, les compositions, Molécule nous restitue un environnement lunaire et nébuleux, fouetté par le vent, les clips restituent d’ailleurs bien ces sensations qui se délitent. A la fois charnel et perdu dans l’immensité, premier degré et spirituel, cet opus est un bijou d’introspection entre les mains de rêveurs doués.

PS: Nous nous sommes appuyés sur la belle interview du site redbull pour réaliser cette chronique.

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La disco de Molécule

-22.7°C10
100%

-22.7°C

60°43′ Nord7
70%