Power, Corruption & Lies


Un album de sorti en chez .

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Si les récentes rééditions des albums de New Order n’apportent pas beaucoup de raretés pour les collectionneurs avisés, elles sont un bon moyen de (re)découvrir la discographie quasi-parfaite du groupe de Manchester. A l’époque, New Order sort d’un « Movement » encore trop marqué par les stigmates de Joy Division, et viens de réaliser cet immense tube […]

Si les récentes rééditions des albums de New Order n’apportent pas beaucoup de raretés pour les collectionneurs avisés, elles sont un bon moyen de (re)découvrir la discographie quasi-parfaite du groupe de Manchester. A l’époque, New Order sort d’un « Movement » encore trop marqué par les stigmates de Joy Division, et viens de réaliser cet immense tube qu’est Blue Monday. New Order trouve alors ses marques et prolonge cette formule d’une rare efficacité sur l’album « Power, Corruption & Lies » qui sort dans la foulée.

Au cours de la réalisation de « Power, Corruption & Lies » les découvertes vont bon train. Dans un premier temps, les membres de New Order voyagent pas mal et ramenent chez eux beaucoup d’idées et d’influences, notamment issues de la disco alors en pleine ébullition. Après s’être séparé de leur producteur historique, Martin Hannett, les membres de New Order découvrent alors les joix du studio, notamment en l’utilisant comme un instrument à part entière dans leur musique euphorique. Enfin, l’ouverture de la Haçienda et la prise massive d’acide plongent le groupe dans une atmosphère d’hédonisme d’où résulte l’immense orgie électro-disco-pop et rock qu’est « Power, Corruption & Lies ».

Sur le superbe Age Of Consent on retrouve la fameuse ligne basse de Peter Hook, très mélodique, chargée de chorus, jouant un riff aigu d’une rare efficacité et accompagnant à merveille la voix fluette et touchante de Bernard Sumner. Des rythmes robotiques et quelques claviers vaporeux nivellent la plupart des titres. On en entend beaucoup sur 5 8 6, qui prolonge l’efficacité d’un Blue Monday, malgré une introduction un peu poussive. Sur Your Silent Face, une rythmique à la Kraftwerk se mélange avec un mélodica et des guitares cold-waves pour un résultat des plus saisissants; New Order confirme alors qu’il est un des rares groupes à pouvoir parler des tracasseries du quotidien sur une musique des plus fêtarde. Enfin Leave Me Alone est composée de mélodies plus rock ; pour une conclusion des plus touchantes.

« Power, Corruption & Lies » se révèlent être le premier grand chef d’œuvre de New Order, pour une discographie qui frôle aussi le sans faute. On tient là un grand objet conceptuel et post-moderne, et sa récente réédition propose en bonus quelques singles, absents de l’album. On y retrouve notamment les hymnes fédérateurs que sont Blue Monday ou Thieve Like Us.

Chroniqueur

La disco de New Order