B.O.F The assassination of Jesse James by the coward Robert Ford


Un album de sorti en chez .

Il n’est pas courant que l’on chronique des B.O. de films, et l’exercice s’avère souvent inutile, tant il est difficile parfois de se passer des images pour en parler. Ici, c’est un peu différent : d’abord, si la musique est évocatrice du climat du film, la B.O. se révèle très mélodique de bout en bout et […]

Il n’est pas courant que l’on chronique des B.O. de films, et l’exercice s’avère souvent inutile, tant il est difficile parfois de se passer des images pour en parlerIci, c’est un peu différent : d’abord, si la musique est évocatrice du climat du film, la B.O. se révèle très mélodique de bout en bout et peut s’écouter comme un simple album. Ensuite, les auteurs ne se cantonnent bien sûr pas à la composition de B.O., et leur collaboration s’inscrit dans une oeuvre plus générale. Warren Ellis est le musicien duquel Nick Cave, toujours soucieux de chercher de nouveaux défis pour garder l’envie intacte s’est le plus rapproché ces dernières années, et The Assassination… représente la quintessence de ce qu’ils ont produit ensemble jusque là.

Ce qui fait la force et l’originalité de cette B.O. est la parfaite entente entre les deux musiciens qui se dégage sur les morceaux basés sur un simple échange piano / violon: de l’introductif Rather Lovely Thing à Falling ou What Must Be Done, chaque échange crée quelque chose, fait naître une mélodie poétique et envoutante. Ailleurs, de subtiles percussions réhaussent l’ensemble, tout en gardant cette impression de grâce et d’intimisme. La composition elle-même est atypique : si l’on à ici à faire à un ensemble entièrement instrumental, on a souvent le sentiment que certains morceaux pourraient être chantés, ce qui donne lieu à une musicalité et une dynamique qui détone un peu dans ce genre d’exercice (on pense notamment à Cowgirl ou Carnival).

Sur plusieurs morceaux, Nick Cave et Warren Ellis s’adjoignent les services d’une section de cordes qui accentue l’effet "dramatique", mais toujours avec sobriété et parcimonie : c’est l’émotion qui prime toujours, et le solennel final de Song for Bob est à cet égard saisissant de beauté. Nick Cave a fait beaucoup de choses depuis le début de sa carrière. Mais si l’on cherchait à placer cette B.O dans son oeuvre, on dirait que c’est sûrement la pièce la plus mélodique et touchante qu’il ait produite depuis The Boatman’s Call. Et pour tous ceux qui connaissent cet album ou auront la curiosité de l’écouter, pour tous ceux qui connaissent les talents de mélodiste hors-pair de Nick Cave, ça voudra dire beaucoup.

Rédacteur en chef
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