No Age - Snares Like a Haircut (cover)

Snares Like a Haircut


Un album de sorti en chez .

7

Le duo californien a changé d'écurie mais n'a rien changé de ses élucubrations sonores...

Les quelques albums en verve de ce début d’année sont décidément les fruits de cordes électriques mises à rude épreuve. C’est un fait, et on ne s’en plaindra guère. Ajoutez-y une dose de hargne dans le phrasé, des prestations scéniques à secousses et du revival en filigrane, et vous obtiendrez l’identité d’artistes/groupes les plus largement relayés dans la presse spécialisée ces dernières semaines. Parmi eux, il y a No Age, duo californien qui a su forcer le respect à la faveur de trois premières livraisons qui, sous leurs allures bruitistes, ont dénoté une minutieuse exigence pour faire cohabiter le vrombissement des guitares avec une approche souhaitée, en dépit de tout, résolument mélodieuse.

Récents nouveaux locataires de la maison Drag City (qui abrite aussi Ty Segall, White Fence…) après dix ans de bons et loyaux services chez Sub Pop, Randy Randall et Dean Spunt ont conservé la même démarche, à savoir ne pas être intriqués dans une catégorie unique et laisser libre court à des inspirations en perpétuel mouvement. L’éponyme et presque central Snares Like a Haircut en justifie le constat avec ses superpositions sonores trustées à l’ambient et sans un moindre mot, loin des onze autres titres qui le jalonnent. Ceux-ci divaguent selon les convenances et la perceptibilité de chacun, à opter entre rock noisy, grunge incendiaire ou punk hardcore, mais c’est probablement vers ce dernier que la doublette californienne échine le mieux les instruments et éraille idéalement ses inflexions, dès l’inaugural Cruise Control et sa tension camouflée qui s’exacerbera ensuite, sans que le symptôme ne soit, réflexion faite, jamais véritablement atténué (Drippy, Tidal, Soft Collar Fad et d’autres encore).

La sensation d’avoir souvent affaire au même morceau n’est pas à exclure, cela étant, l’oeuvre entière de de No Age parvient à garder le cap grâce à ses subtilités mélodiques, parfois à peine décelables, qui ont fait et qui font encore aujourd’hui sa force. C’est d’ailleurs vers des reliefs moins abrupts, où les viscères trémulent à intensité réduite, que l’on pourrait troquer cette révolte ascensionnelle en un refuge bienveillant, et pour l’occasion renouer avec un grunge nostalgique (l’excellent single Send Me) ou compilé en doses expérimentales mêlant parcimonieusement noise et shoegaze (Squashed, Primitive Plus). Des caractéristiques parmi tant d’autres susceptibles de faire chérir ce disque, d’un groupe au perpétuel chaos intérieur poursuivant, dans l’ombre, son entreprise, et traversant les années sans choper la moindre ride. Sans compter qu’à l’avenir, on en redemandera probablement encore…

 

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  • Publication 390 vues1 février 2018
  • Tags No AgeDrag City
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Tracklist

  1. Cruise Control
  2. Stuck in the Changer
  3. Drippy
  4. Send Me
  5. Snares Like a Haircut
  6. Tidal
  7. Soft Collar Fad
  8. Popper
  9. Secret Swamp
  10. Third Grade Rave
  11. Squashed
  12. Primitive Plus

La disco de No Age

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Nouns9
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Weirdo Rippers7
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