ÜTOPIYA


Un album de sorti en chez .

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Un album de tension cinématographique. Un album qui envoie loin.

Il faut bien l’avouer, « Ütopiya » nous avait séduits avant même qu’on ne lance l’écoute de l’album entier. Le single Ütopiya / On Living  lâché sur soundcloud il y a plusieurs semaines avait suffit à nous embarquer dans cette nouvelle odyssée sonore signée des « Oiseaux-Tempête ».

C’est donc avec des a priori plus que positifs que nous avons pris part à cette traversée dont voici le journal de bord.
Tout l’art de la chronique (ou la difficulté de la chroniqueuse c’est selon) réside dans la retranscription des émotions par des mots bien ternes au regard des paysages à raconter. Tout comme le précédent album, l’écoute de cet opus se veut immersive et tellement prenante qu’il a été souvent nécessaire de rappeler l’esprit à sa besogneuse chronique, tant les paysages visités étaient exotiques et prometteurs.
Véritable odyssée sonore, « Ütopiya » nous embarque avec un plaisir et un abandon croissant au fil des titres.

Dès le titre d’ouverture, le décor est posé , tout est là : la couleur, les lieux, l’ambiance, comme un concentré des titres à venir. À peine lancée l’écoute que nous glissons déjà  sur Ütopiya / On Living  et la phrase de GW Sok sur ce poème turc, fait l’effet d’un conte musical qu’on écoute sans en saisir la teneur qu’on devine profonde.  La clarinette, évidente, prend sa place comme une seconde voix tant les plaintes et mélodies exprimées avec ont des couleurs que les mots n’auront jamais.
Changement de décor, la Turquie s’éloigne et fait place à la rage de Someone Must Shout That We Built The Pyramids aussitôt apaisée par le délicat piano du Fortune Teller. Les paysages défilent et s’enchaînent comme une évidence. « Yallah Karga – Dance song » ramène les esprits égarés à la civilisation, à l’Utopie. Puis le temps se gâte, Soudain le Ciel et Il Terribili Infantili annoncent l’orage qui gronde dans le décor tourmenté de Portals of Tomorrow où les revendications montent crescendo.
Enfin le dernier round ramène doucement l’auditeur à bon port, sur le Requiem For Tony, plainte d’une sombre beauté qui annonce la fin. En point final de cet opus, la délicate mélodie accompagnée de cigales d’ Aslan Sütü- Santé Vieux Monde propose un dernier verre de cet alcool turc du même nom avant que les chemins ne se séparent.

Un bonus live Palindrome séries »  en l’église Saint-Merri, vient enfoncer le clou d’un album « qui envoie loin » selon la formule consacrée.

Des sonorités arabisantes assorties de cris d’oiseaux sauvages, aux paysages sonores captés sur les rives du Bosphore en passant par une église parisienne, les territoires parcourus sont vastes.
Mixé en Sicile avec vue sur l’Etna « Ütopiya » en garde les traces dans son ADN, comme un volcan imprévisible, bouillonnant et jamais totalement éteint. C’est quand on s’y attend le moins que les envolées d’Oiseaux Tempête viennent nous cueillir, que la guitare se met à pleurer, la basse à rugir, ou que la mélodie se joue du calme avant la tempête.

Cet album se raconte finalement peu, il se ressent et ne saurait se vivre autrement qu’en bande-son d’un film qui n’existe pas.

Chargée de relations extérieures

La disco de Oiseaux-Tempête