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Advaitic Songs


Un album de sorti en chez .

7

OM, c'est comme un Gaffophone pas rigolo... mais ça vaut le détour !

D’emblée, évacuer toutes les objections faciles, les évacuer d’autant plus vite qu’elle sont aussi valables que vaines. Oui, OM et notamment sa tête pensante Al Cisneros débordent de prétention, manquent totalement d’humour dans leur approche de la musique, croulent sous le poids de leur propre sérieux. Il suffit de le savoir et d’éviter de programmer OM à une soirée cotillons. Oui, OM tire sa musique de considérations mi-religieuses, mi-philosophiques, qui confinent allègrement au fumeux. Les Smashing Pumpkins, pour ne citer qu’eux, ont fait bien pire cependant. De façon générale, l’expérience prouve d’ailleurs que donner un concept à un album n’est généralement pas une bonne idée ; cela fait tout de même plusieurs décennies que tout le monde s’en est rendu compte. Tout cela mène à aborder chaque album d’OM avec la plus grande circonspection. Sur le papier, on serait tenté de rassembler toutes ces constatations et de railler la prétention crasse de Cisneros – de loin si possible, l’homme étant suffisamment imposant pour que l’on évite la prise de risques inutiles.

L’écoute d’”Advaitic Songs” prouve, une fois de plus, que l’écoute doit permettre de dépasser toutes les considérations annexes. Car, écrivons-le tout net, toutes les réserves que l’on pourrait lever a priori sont absolument justifiées et à la fois absolument hors du sujet.

La vérité d'”Advaitic Songs” n’est pas dans son concept, n’est pas dans son idée. Elle est, totalement, dans le son. Un son phénoménal d’ampleur et de tension, à l’origine duquel on n’est même pas surpris de retrouver Steve Albini. Peu de fioritures, peu d’enluminures : d’abord et surtout un vrombissement de basses à faire trembler les vitres, à décoller les papiers peints, soutenu par le rythme lancinant d’une batterie aux variations étonnamment subtiles pour des martèlements d’une telle lourdeur. Le contrepoint apporté par plusieurs autres instruments (violoncelles, tablas), permet de ménager des plages à la fois plus calmes et tout aussi menaçantes. OM, c’est comme un gaffophone pas rigolo. Le groupe dégage une puissance sonore qui donne aux lignes mélodiques hypnotiques de ces longs morceaux un impact surnaturel, qui envoie l’auditeur bien disposé dans un état de quasi-transe. Avec un son pareil, nul besoin de penser à l’essence spirituelle de cette musique, d’en comprendre la nature conceptuelle.

Partant de ce constat, on se gardera de trop longs discours : les morceaux sont longs, ils se ressemblent tous, pas vraiment besoin de les analyser de façon détaillée ou d’intellectualiser la perception que l’on peut en avoir, leur structure… “Advaitic Songs” est un disque-trip physique, qui parle plus au ventre qu’au cerveau, aussi la meilleure chose à faire est-elle de se lancer au plus vite dans son écoute. Un volume élevé est préférable. Prévenez vos voisins…

Chroniqueur
  • Publication 444 vues19 novembre 2013
  • Tags OMDrag City
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OM

OM
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Addis
  2. State of Non-Return
  3. Gethsemane
  4. Sinai
  5. Haqq al-Yaqin

La disco de OM

Advaitic Songs7
70%

Advaitic Songs

God Is Good
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Pilgrimage
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Variations On A Theme
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