Des lendemains


Un album de sorti en chez .

L’album d’Orwell semble en tout point très prometteur. D’abord parce que ce nom évoque un des meilleurs auteurs de science-fiction (souvenez-vous du sublime “1984” et son célèbre Big Brother) ce qui prouve que les musiciens ont du goût. Mais aussi grâce à la présence de deux invités prestigieux, deux des représentants de la fine fleur […]

L’album d’Orwell semble en tout point très prometteur. D’abord parce que ce nom évoque un des meilleurs auteurs de science-fiction (souvenez-vous du sublime “1984” et son célèbre Big Brother) ce qui prouve que les musiciens ont du goût. Mais aussi grâce à la présence de deux invités prestigieux, deux des représentants de la fine fleur de la pop française, à savoir Fugu et Médéric Gontier de Tahiti 80. Nul doute que si ces personnes se sont intéressées à Orwell, c’est que la musique en vaut la peine. La confirmation est apportée dès le premier titre (“Toutes les nouvelles parlent d’hier”) qui est un véritable bijou en matière de Pop (avec un grand P). Les mélodies entraînantes collent aux oreilles, l’interprétation est impeccable mais ce qui étonne le plus, ce sont les arrangements qui brillent par leur richesse et leur subtilité, à en rendre jaloux les Beatles et les Beach Boys réunis. La suite n’est absolument pas décevante, bien au contraire. “Fear Of Mars” et la reprise de Gilbert O’Sullivan “Clair” évoluent dans le même registre que “Toutes les nouvelles parlent d’hier” et ces trois titres mériteraient une large diffusion sur les ondes des radios dites “rock”. Les arrangements sont époustouflants tout au long des 45 minutes de cet album. Le travail sur les cordes, omniprésentes, est incroyable (“Sans cesse”, “L’arrière boutique (partie 1)”, “Devenir”, etc.), l’utilisation d’instruments comme le saxophone, le trombone ou la flûte est plus que judicieuse, et le chant est également très travaillé (“Live On”). Orwell lorgne aussi du côté des années 80 grâce à des sons électroniques fort bien utilisés (“A Nous”) ; “Une si belle aventure” pourrait même sonner comme un croisement inédit entre Vitesse et Etienne Daho. Mais Orwell sait se faire plus intimiste et mélancolique en donnant une forme presque épurée à sa musique : la superbe ballade au piano “Seulement La Foule” en est à la fois l’exemple parfait et sûrement un des meilleurs morceaux de l’album.
Cet album vient donc à point nommé pour donner ses lettres de noblesse à une pop française en quête de reconnaissance. En affirmant son identité française (la quasi-totalité des titres sont chantés dans la langue de Molière) et en faisant jeu égal avec ses collègues anglo-saxons (les Super Furry Animals pour ne citer qu’eux), Orwell a accouché d’un album cohérent et rafraîchissant qui devrait intéresser tout amateur de Pop dans son sens le plus flatteur.

Chroniqueur

La disco de Orwell