Wooden Arms


Un album de sorti en chez .

Le Montréalais de génie, toujours entouré de ces trois musiciens désormais regroupés sous l’appellation « The Wooden Arms », se partage avec eux les arrangements et la composition des morceaux du dernier né, « Wooden Arms ». Pianiste avant tout, biberonné à la musique d’Erik Satie, Patrick Watson est surtout doté d’un organe vocal hors du commun. Cette capacité […]

Le Montréalais de génie, toujours entouré de ces trois musiciens désormais regroupés sous l’appellation « The Wooden Arms », se partage avec eux les arrangements et la composition des morceaux du dernier né, « Wooden Arms ». Pianiste avant tout, biberonné à la musique d’Erik Satie, Patrick Watson est surtout doté d’un organe vocal hors du commun. Cette capacité hallucinante de s’élever dans les airs et de nous émouvoir au plus haut point nous avait déjà étonné puis charmé sur « Close To Paradise ». Et voilà qu’il remet ça, pour notre plus grand plaisir.

Patrick Watson, en vrai conteur, nous ouvre en grand les portes de son univers, peuplé de monstres (Where the wild things are est librement inspiré du livre culte éponyme pour enfants), aux bras en bois qui enlacent amoureusement leur moitié sur Wooden Arms, et de corps qui s’embrasent pour donner vie à des mauvaises herbes dans un paysage islandais carbonisé (Fireweed).  Big Bird In A Small Cage, réhaussé de la jolie voix de Katie Moore, est une ballade ravissante. L’épique Tracy’s waters est très marqué par le jeu de percussion de Robbie Kuster qui semble vouloir taper sur tout ce qui bouge. Patrick Watson fait usage du mégaphone sur Traveling Salesman, et s’amuse avec des bruitages et des roues de vélo sur Beijing.

Mais ces musiciens n’usent de ces déréglages que pour jouer au chat et à la souris avec l’harmonie qui sous-tend tout l’album. Le dernier morceau, Machinery of the heavens en est l’illustration parfaite. En effet, d’une part les mélodies célestes semblent se tailler la plus grande part du gâteau, mais toute une machinerie est à l’œuvre, certes pas diabolique mais qui nous titille l’ouïe, pour mieux jouer avec nous et nous garder en éveil. Le risque étant bien sûr que l’on ne veuille plus redescendre de ce doux rêve, surtout quand en fin de parcours, Patrick Watson nous fait vibrer une ultime fois avec des chœurs qui ne semblent pas en finir.

Sur Traveling Salesman, Watson évoque la distance qui nous sépare du ciel, celle-ci se rétrécit à vue d’œil pour mieux nous rapprocher du divin. Quand retentissent les toutes dernières notes de piano sur le morceau caché, Outro, on se dit que le réveil sera brutal, mais bon sang que le voyage fut doux et agréable. Ces quatre doux dingues nous ont secoué dans tous les sens, nous ont fait planer, même pleurer ( surtout sur Man Like You). On ne sort pas indemne de « Wooden Arms ». Cet album est là pour durer. Une grosse claque, rien de moins.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Fireweed
  2. Tracy's Waters
  3. Beijing
  4. Wooden Arms
  5. Hommage
  6. Traveling Salesman
  7. Big Bird In A Small Cage
  8. Down At The Beach
  9. Man Like You
  10. Where The Wild Things Are
  11. Machinery Of The Heavens