Pixies - Bossanova

Bossanova


Un album de sorti en chez .

9

“Bossanova” ou la plénitude : assagis, les Pixies délaissent le fonds de commerce très punk de leurs débuts et affirment leur totale maîtrise d’une pop énergique unique en son genre. Le teigneux Rock Music, placé en épouvantail dès la seconde plage, est un trompe-l’œil : l’ambiance générale est plutôt calme, presque rêveuse parfois. Les années […]

“Bossanova” ou la plénitude : assagis, les Pixies délaissent le fonds de commerce très punk de leurs débuts et affirment leur totale maîtrise d’une pop énergique unique en son genre. Le teigneux Rock Music, placé en épouvantail dès la seconde plage, est un trompe-l’œil : l’ambiance générale est plutôt calme, presque rêveuse parfois. Les années 80 viennent de s’achever, et Black Francis, qui prend le contrôle artistique quasi-total du groupe, imagine des nineties surréalistes en attendant un débarquement d’OVNI.

La production de Gil Norton, encore plus que sur “Doolittle”, aide le groupe à construire un son irrésistible autour de guitares oscillant entre saturation croustillante à souhait et limpidité très “surf-music”, et de la basse en reptation de Kim Deal. Bien sûr, on peut regretter les aspérités de la production sèche et brutale de Steve Albini, toutes ces épines qui rendaient la “Rose Surfeuse” encore bien plus belle, mais “Bossanova” est aussi le symbole d’un groupe qui cherche à séduire un plus large public sans renoncer à sa singularité. Pour cela, Black Francis s’appuie sur son aisance mélodique, tout en laissant encore libre cours à son penchant naturel pour les téléscopages frénétiques, les enchevêtrements de style. En poursuivant son œuvre méthodique, mi-ludique, mi-sadique, de déconstruction du rock et de la pop, il affirme encore plus son talent véritablement à part, définitivement ailleurs.

C’est également sur ce troisième véritable album que les Pixies s’essaient le plus volontiers à des chansons grand format – qui dépassent les trois minutes, disons – atypiques pour un groupe dont la concision est devenue une véritable marque de fabrique. L’épique All Over The World ou le superbe The Happening (deux titres structurés en deux parties distinctes, comme il se doit dans la conception pixiesienne du puzzle-rock) sont la preuve indéniable de la capacité du groupe à s’attaquer à des fresques quasi-hymniques. Tout au long de l’album, les tubes potentiels pleuvent (Cecilia Ann, Velouria, bien sûr, mais encore Dig For Fire, Allison ou même Is She Weird), et à part un Stormy Weather un rien ventripotent, on peine à trouver le moindre défaut dans la splendide cuirasse moirée de la machine de guerre Pixies.

“Bossanova” est le disque le plus accessible de ses auteurs, le plus immédiatement accrocheur, sans que cela ne se monnaie par une baisse de qualité. Au contraire, c’est ici que le groupe déploie toutes ses ambitions. Désormais officiellement reconnus par tout un pan de la critique comme “le meilleur groupe de rock” de l’époque, les farfadets devenus géants se sentent pousser des ailes. En pleine confiance, ils transforment en or tout ce qu’ils touchent, sans laisser la moindre place au doute. En 1990, les Pixies ont marché sur l’eau. Le pire, c’est qu’ils ne s’en sont probablement même pas rendus compte, occupés qu’ils étaient à scruter les cieux à la recherche de preuves d’une vie extra-terrestre…

Chroniqueur
  • Publication 453 vues18 mai 2009
  • Tags Pixies4AD
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Tracklist

  1. Cecilia Ann
  2. Rock Music
  3. Velouria
  4. Allison
  5. Is She Weird
  6. Ana
  7. All Over the World
  8. Dig for Fire
  9. Down to the Well
  10. The Happening
  11. Blown Away
  12. Hang Wire
  13. Stormy Weather
  14. Havalina

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