White Chalk


Un album de sorti en chez .

On sait depuis bien longtemps que PJ Harvey fait partie des artistes capables de se réinventer à chaque album. On sait également qu’elle n’avait pas apprécié qu’on la soupçonne d’être plus « légère » à l’époque de l’euphorique « Stories From The City, Stories From The Sea » ; « Uh Huh Her » avait déjà apporté la preuve qu’on n’allait pas l’y reprendre […]

On sait depuis bien longtemps que PJ Harvey fait partie des artistes capables de se réinventer à chaque album. On sait également qu’elle n’avait pas apprécié qu’on la soupçonne d’être plus « légère » à l’époque de l’euphorique « Stories From The City, Stories From The Sea » ; « Uh Huh Her » avait déjà apporté la preuve qu’on n’allait pas l’y reprendre de sitôt.

Ces indices étaient-ils à même de nous préparer à ce « White Chalk » ? Pas vraiment. « White Chalk » est un album où l’on n’entend pas une note de guitare, hormis quelques accords sur le morceau titre, d’ailleurs vite relayés par un banjo et un harmonica, pour une belle divagation onirique et mélancolique. L’ensemble de l’album a été composé au piano, ce qui est en soi une révolution pour PJ Harvey. Mais la mutation ne se cantonne pas à cet aspect, car si Dear Darkness et Before Departure sont deux superbes ballades intimistes qui méritent tous les louanges, elles ne sont néanmoins pas représentatives de l’ensemble de l’album. Si tel avait été le cas, on aurait certainement eu droit à un très bel album, mais surtout à un exercice de style assez classique et répertorié, celui de l’album introspectif au piano.

Or cet album échappe à toute tentative de classification. A la fois inquiétant de par les thèmes évoqués (l’angoisse, la perte), et en cela fidèle à l’oeuvre de PJ Harvey, « White Chalk » remplae la tension et la violence de ses albums précédents par un spleen moderne, à la fois charmeur et poisseux, sentiments éprouvés sur When Under Ether ou Grow Grow Grow, où le piano ne sert plus que de base instrumentale. Le seul terme possible alors pour décrire ce que l’on entend est celui d’élévation.

Sur la majorité des morceaux, la voix de PJ Harvey tranche également avec ce qu’on connaissait d’elle, prenant une intonation fragile et cristalline, notamment sur The Devil ou The Mountain. L’instrumentation se révèle variée mais promulguée par petites touches, sans ostentation, ce qui fait de « White Chalk » une oeuvre extrêmement mature et pourtant aussi immédiate qu’un premier album. On parle souvent de nouveau départ lorsqu’un groupe ou un artiste remet les cartes sur la tables et part dans une direction inédite. PJ Harvey, elle, ne se refait rien de moins qu’une nouvelle virginité.

Rédacteur en chef
  • Publication 485 vues1 octobre 2007
  • Tags PJ HarveyAZ
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Tracklist

  1. The Devil
  2. Dear Darkness
  3. Grow Grow Grow
  4. When Under Ether
  5. White Chalk
  6. Broken Harp
  7. Silence
  8. To Talk To You
  9. The Piano
  10. Before Departure
  11. The Mountain