Daisy Street


Un album de sorti en chez .

Poney Express est un groupe qui a décidé de ne pas choisir entre la pop d’orfèvre anglo-saxonne et le folk grandiose américain, en y apportant une touche personnelle, cette langue de Molière familière et moins intimidante. Véritable bol d’air frais, il mène cette formidable aventure qu’est un songwriting pulvérisé de toutes barrières. Pour marquer le […]

Poney Express est un groupe qui a décidé de ne pas choisir entre la pop d’orfèvre anglo-saxonne et le folk grandiose américain, en y apportant une touche personnelle, cette langue de Molière familière et moins intimidante. Véritable bol d’air frais, il mène cette formidable aventure qu’est un songwriting pulvérisé de toutes barrières. Pour marquer le coup, Robin Feix, bassiste de Louise Attaque, et sa compagne Anna Berthe, épaulés par Charlie Francis (REM, Noisettes, High Llamas), sont allés peaufiner leur album à Cardiff, aux Pays de Galles, sis Daisy Street, avec, on l’imagine bien, des allées et retours sur le port, histoire de choper le cargo qui les emmènerait vers cette Amérique fantasmée. 
 
Car il est bien question d’une vision hantée d’une Amérique sauvage et rebelle, peuplée d’Indiens et de bandits en cavale. « Daisy Street » évoque Mr Nobody (Nobody) du Dead Man de Jim Jarmusch, Bonnie and Clyde, des envies de fuir, de partir, mais aussi des départs retardés (Saint-Malo). De Milwaukee aux tréfonds du bayou et les rives du Mississipi (Les Femmes de Milwaukee), c’est tout un imaginaire qui se dévoile, sans néanmoins, et là réside cette grande classe, vouloir jouer la carte des clichés d’une Amérique Technicolor. Car il n’est pas seulement question d’Amérique, mais Poney Express évoque aussi Liverpool et Belle and Sebastian, influence avouée.
 
La boîte à outils de Poney Express est composée d’instruments on ne peut plus folk (guitares, banjo, harmonica), d’apports électriques (guitares électriques, basse) et d’arrangements de cordes (par Sean O’Hagan des High Llamas), avec aussi des trompettes, une auto-harpe, une pedal steel. Toute cette profusion d’instruments ferait penser que l’on a affaire à des cousins éloignés de Sufjan Stevens. En tout cas, Poney Express nous convie à une chevauchée fantastique à coup de « Ouh ha » (Les Nerfs A Vif), et l’on se prend pour Calamity Jane ou Bonnie Parker. La voix d’Anna Berthe tantôt mutine, tantôt saccadée et en phase avec le rythme de la chanson (Poupée), est parfois haut perchée (les chœurs sur Poupée et sur Des Kilomètres Au Fusain).
 
Espérons que Poney Express ne va pas en rester là. Après ce formidable coup de maître, le groupe a intérêt à ne pas nous décevoir. D’ici là, on écoutera « Daisy Street » en boucle encore et encore, un sourire béat aux lèvres, avec une envie folle d’aventure et de grands espaces.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Paris de loin
  2. Les petits matins
  3. Poupée
  4. Les nerfs à vif
  5. Des kilomètres au fusain
  6. Les femmes de Milwaukee
  7. Les avalanches
  8. Nobody
  9. La Loire
  10. Le complexe du papillon
  11. Le bruit du dehors
  12. La fugue
  13. Une actrice
  14. Les pourquoi
  15. St Malo

La disco de Poney Express