The Break Up


Un album de sorti en chez .

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Drame ! Horreur ! Tragédie ! Les Puppetmastaz se séparent ! Pauvres humains que nous sommes, nous n’avons plus que nos yeux et ce « Break-Up » pour pleurer. Difficile d’être vraiment sûr avec ces maudites marionnettes, après tout il ne s’agit peut-être là que d’une nouvelle mise en scène, mais il semblerait que la séparation soit véridique, les divers architectes […]

Drame ! Horreur ! Tragédie ! Les Puppetmastaz se séparent ! Pauvres humains que nous sommes, nous n’avons plus que nos yeux et ce « Break-Up » pour pleurer. Difficile d’être vraiment sûr avec ces maudites marionnettes, après tout il ne s’agit peut-être là que d’une nouvelle mise en scène, mais il semblerait que la séparation soit véridique, les divers architectes du groupe finissant probablement par se sentir prisonniers de leur concept ou lassés de voir le succès qu’ils mériteraient leur échapper au profit de groupes moins talentueux.

C’est après la première piste, un tir groupé sans surprise, que l’on apprend la nouvelle ; la suite de l’album se décompose logiquement en tentatives solos des membres du crew. Cela permet de confirmer ce qu’on imaginait de chaque membre, en particulier de leur trio star : Mr Maloke, champion des ambiances lourdes et pesantes, est la face sombre de la bande ; Wizard the Lizard est l’élément dansant, apportant sa brillante pâte électrique sur Masquerade ; Snuggles, l’électron libre, brillant mélangé aux autres, se révèle assez décevant dans ses échappées solitaires, comme si la fantaisie sublimait le reste mais ne se suffisait pas. Au final c’est un outsider, Rhino, sur le final Dark Clouds, qui met tout le monde d’accord en construisant beat par beat une pesante tragédie urbaine.

« The Break Up », en dépit de nombreuses qualités, est un chant du cygne assez décevant pour un groupe dont les trois précédents albums atteignaient régulièrement des sommets ; en abandonnant leur esprit de corps, le groupe perd sa grande force et n’est plus capable de proposer des gimmicks à la pelle ni d’exploser dans tous les sens : adieu émulation, bonjour repli sur soi (transformé parfois avec bonheur en introspection). Même la production, d’habitude limpide et luxuriante, se contente ici souvent du service minimum, la faute probablement à une sortie assez précipitée (on avait plutôt l’habitude d’attendre 3 ans entre les albums, alors qu’une seule année s’est écoulée depuis « The Takeover. »)

On aurait aimé quitter l’un des groupes les plus injustement mésestimés de la décennie sur une touche moins mitigée. Reste qu’après Electrelane, Sleater Kinney ou McLusky, voici encore un groupe qui disparaît dans une injuste indifférence, mais auquel une poignée de privilégiés continueront de vouer une admiration sans borne.

Chroniqueur

La disco de Puppetmastaz