…Like Clockwork


Un album de sorti en chez .

9

6 ans après l'inégal "Era Vulgaris", Queens of the Stone Age est enfin revenu cet été avec l'ironiquement nommé "Like Clockwork" : pas l'album que les fans attendaient, et c'est tant mieux.

Déjà 21 ans que Josh Homme a sorti son premier grand album, « Blues for the Red Sun », à l’époque avec Kyuss, et on aurait pu douter de sa capacité à continuer à évoluer après un décevant « Era Vulgaris » et un « Them Crooked Vultures » qui jouait plus sur les acquis de ses mythiques membres que sur une quelconque volonté de nouveauté. Mais en musique comme ailleurs, un imprévu peut tout bouleverser, pour Josh ce sera « mourir » quelques instants sur une table d’opération, ce qui le conduira à la dépression puis à la rédemption à travers les chansons de cet album.

On parle uniquement de Josh Homme depuis le début de cette chronique car malgré la pléthore de guests et la géométrie variable du groupe le long de ces morceaux, jamais Queens of the Stone Age n’aura autant sonné comme le projet d’un seul homme, songwriter tiraillé entre son talent pour les riffs les plus fulgurants et une aspiration mélodique pop. C’est souvent cette seconde envie qui prendra le pas, conduisant à l’album le plus lent du groupe, une lenteur ici souvent mélancolique et noire, loin de la lenteur plus puissante et lancinante des épopées désertiques de Kyuss ou du morceau A Song for the Deaf. The Vampyre of Time and Memory ainsi que la chanson titre sont ainsi parmi les plus belles ballades de l’année, et entendre chanter avec tant de résignation « I’m Alive… Hooray… » aura brisé plus d’un cœur.

Plus aventureuse, l’étonnante Kalopsia alterne entre croisière tendre et un refrain torturé, sur lequel les oreilles attentives reconnaîtront les hurlements de Trent Reznor. Les guests d’ailleus sont donc dans l’ensemble mis au second plan, à l’exception de l’orgie musicale Fairweather Friends où chacun semble libre de se lâcher, en particulier au piano un phénoménal Elton John qui se serait invité sur l’album en déclarant par téléphone qu’il « serait temps qu’ils jouent enfin avec une vraie queen ». Second morceau le plus court de l’album, il sera interrompu sans ménagement par Josh Homme avant l’apothéose espérée. Les seuls à avoir le droit de s’exprimer régulièrement seront les batteurs, que ce soit un Joey Castillo sur le départ martyrisant ses fûts sur Kalopsia, ou un Dave Grohl au top de sa forme sur le final d’I Appear Missing, moment le plus musicalement et thématiquement représentatif de l’album, ou sur le plus classiquement Queens of the Stone Age, My God is The Sun qui n’aurait pas dépareillé sur « Songs for the Deaf ».

Ni l’album que les fans espéraient, ni celui auquel on s’attendait, « Like Clockwork » réussit en ralentissant la cadence et, comme tous les meilleurs albums de Josh Homme, en imposant un fil rouge et un univers cohérents. L’album aura amené pour la première fois le grand roux à la première place des charts américains, un succès bien mérité pour l’une des plus grandes figures du rock au sens le plus classique du terme de ces 20 dernières années.

Chroniqueur