Lullabies To Paralyze


Un album de sorti en chez .

Queens Of The Stone Age, c’est d’abord, depuis toujours, un son. Un son vrombissant, menaçant, grondement tellurique qui colle au mur d’entrée de jeu. Un son grouillant, vivant, qui rappelle souvent les cris que le grand Bob Mould tirait de sa guitare, sur les disques de Hüsker Dü ou Sugar – un Bob Mould qui […]

Queens Of The Stone Age, c’est d’abord, depuis toujours, un son. Un son vrombissant, menaçant, grondement tellurique qui colle au mur d’entrée de jeu. Un son grouillant, vivant, qui rappelle souvent les cris que le grand Bob Mould tirait de sa guitare, sur les disques de Hüsker Dü ou Sugar – un Bob Mould qui aurait, une fois n’est pas coutume, réglé ses potards à fond sur les basses et au minimum sur les aigus. On sera donc surpris d’entendre ce nouvel album des Queens Of The Stone Age s’inaugurer par une … ballade acoustique. Qu’on se rassure, cette brève (et pourtant charmante) entame sera la seule fissure observable dans le plus fascinant mur du son qu’il nous ait été donné de raser ces dernières années.

Dès le second titre, en effet, le métal des QOTSA, savant mélange de rock, de punk et de blues, reprend ses droits : place à un melting pot bouillonnant, riche d’une multitude d’influences, à une bacchanale effrénée, cynique et desespérée. Pour autant, la formule ne se renouvelle que peu d’album en album : les fanatiques du précédent album des QOTSA (le désormais classique Songs For The Deaf) retrouveront le même mélange de pop songs post-nucléaires (Little Sister) et de boogies paléolithiques à l’efficacité dévastatrice (Tangled Up In Plaid, Burn The Witch).

Mais ce qui fait également la grande force des Queens Of The Stone Age, c’est ce sens du gimmick, de l’accroche, qui parvient à rendre les morceaux les plus puissants aussi faciles d’accès qu’une simple ritournelle. Cela passe bien entendu par un sens mélodique à l’acuité surprenante pour un groupe de cet acabit : ainsi l’implacable Little Sister et l’excellent In My Head représentent-ils des hits en puissance.

Cette qualité vaut aux QOTSA des comparaisons récurrentes avec Nirvana. Josh Homme n’ayant ni le timbre écorché ni le charisme désespéré de Cobain, on se gardera bien de se livrer à ce petit jeu des analogies. Notre Homme n’en reste pas moins l’une des personnalités les plus complexes et talentueuses du rock des années 2000.

Chroniqueur

Tracklist

  1. This Lullaby
  2. Medication
  3. Everybody Knows That You're Insane
  4. Tangled Up In Plaid
  5. Burn The Witch
  6. In My Head
  7. Little Sister
  8. I Never Came
  9. Someone's In The Wolf
  10. The Blood Is Love
  11. Skin On Skin
  12. Broken Box
  13. "You Got A Killer Scene There, Man..."
  14. Long Slow Goodbye