Days


Un album de sorti en chez .

Martin Courtney, guitariste et vocaliste de ce groupe de rock spacieux, expliquait que le contenu de "Days" est inspiré par des personnes et des atmosphères rencontrés pêle-mêle dans leur ville de Ridgewood, New Jersey. Nous sommes donc, auditeurs, intégrés dans le quotidien de ce groupe (nombreux) des personnes qui vivent en banlieue de New York; nous […]

Martin Courtney, guitariste et vocaliste de ce groupe de rock spacieux, expliquait que le contenu de "Days" est inspiré par des personnes et des atmosphères rencontrés pêle-mêle dans leur ville de Ridgewood, New Jersey. Nous sommes donc, auditeurs, intégrés dans le quotidien de ce groupe (nombreux) des personnes qui vivent en banlieue de New York; nous pénétrons leurs résidences, leurs immeubles. A l’écoute de l’album, on a bien envie de garder à l’esprit le nom de Ridgewood, comme d’autres se gardent Fall Creek, Wisconsin (Bon Iver) ou Aberdeen, Washington DC (c’est une devinette facile) quelque part. C’est l’exploration de l’âme d’une banlieue, d’une campagne en marge, où le regard fuyant ne rencontre qu’un horizon de petits immeubles blancs. Ce n’est pas extrapoler que de trouver le visuel de pochette parfait pour ce que le groupe nous raconte, lors de belles narrations douces-amères comme Three Blocks ou Out of Tune, ou avec leurs seuls instruments, dans la langueur automnale du surf rock east coast instrumental de Kinder Blumen

C’est le projet indie parfait, dont l’imaginaire prend sa source dans l’étalement des grandes villes, sans une once du glamour qui caractérise celles-ci. Leur patronyme même, «immobilier» littéralement, renforce cette idée qu’il s’agit de la musique des banlieues pavillonnaires, le genre de futur à priori peu excitant qui peut devenir poésie, comme il y avait eu pour Radiohead la poésie des embouteillages. Et ce que suggère le titre de leur album, "Days", ce sont ces journées qui s’étirent à l’envie, avant que n’arrive le crépuscule, que le temps ne se compresse. Ce sont les histoires laissées de côté par ceux qui quittent leur foyer le matin et ne le retrouvent que le soir. Real Estate donne un sens à ces maisons-témoin pendant que les gens les quittent et les réintègrent, un sens au temps passé dans l’attente et la distance. Comment trouver une proximité, une chaleur humaine dans "All those wasted miles/All those aimless drives" ? La réponse, dans la même chanson, Green Aisles : « The phone lines/The street lights/Led me to you/And if you just sit tight i’ll be there soon» La morale slacker d’anthologie: "Our careless lifestyle/it was not so unwise" Et lorsque les foyers sont abandonnés à la nuit, les errements de Real Estate se réitèrent : "The night is just another day", sur All the Same, la chanson qui boucle un cycle quotidien émotionnellement fascinant et termine un album idyllique.

La comparaison avec les Feelies, autre groupe du New Jersey démembré en 1992 dont le "Crazy Rythms" (1980) a laissé une marque dans l’histoire rock des marges, est pleinement méritée.

Chroniqueur
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Easy
  2. Green Aisles
  3. It's Real
  4. Kinder Blumen
  5. Out Of Tune
  6. Municipality
  7. Wonder Years
  8. Three Blocks
  9. Younger Than Yesterday
  10. All The Same

La disco de Real Estate