Rodolphe burger - Good

Good


Un album de sorti en chez .

9

Artiste total en pleine crise de sérénité.

Non, nous ne connaissons pas Rodolphe Burger par Kat Onoma – qui ne manque pourtant pas d’intérêt. Le nom nous évoque, en tant que groupie frénétique, l’exceptionnel Samuel Hall d’Alain Bashung qui porte le sceau de notre ami. C’est bien après cela que nous avons mesuré l’ampleur du travail de l’artiste, et dieu sait qu’il y a fort à faire. Revoilà donc un des artistes francophones qui se rapproche le plus de ce qu’aurait donné un Gainsbourg né quelques années plus tard. Au spectre musical extra large, Burger se fend d’un “Good” serein, épuré de certaines tendances expérimentales, laissant se déverser le nectar musical qui découle de son âme d’artiste complet.

Il y a dans cet album du blues, évidemment, mais les sonorités indus et une ambiance trip-hop hantent le disque de tout son long. Créant un confort d’écoute réellement appréciable, ce don de composition et de production rend l’opus réellement envoûtant, presque bizarrement si l’on en juge les rythmiques parfois hachées (clairement on retrouve la sensation de trouvaille que l’on a eu à la première écoute de Samuel Hall).

Quelque part, tout est dit en amont sur le talent de Burger et la beauté de son nouvel album. Poétiques, exigeants mais accessibles, particulièrement ouverts, les textes comme la musique sont autant de précieuses saynettes, des contes, noirs bien souvent. L’orchestration, sans être anodine pour autant, se veut efficiente et à propos. Et quel meilleur exemple pour ces deux idées que Lenz qui clôture presque humblement l’album.

Sur des titres comme le “Nine Inch Nailsien” Fx Of Love, le parti-pris sera celui de sonorités plus industrielles, âpres et radicales, mais la mélodie et l’ensemble du morceau garderont, à la grâce de la voix peut-être, un caractère hypnotisant, une signature Burger. Dans d’autres situations, comme pour le titre éponyme, le choix sera porté sur les claviers pour un morceau lancinant, laissant la porte béante à un final tout en montée comme on les adore.

Il en serait presque possible de s’échiner à aborder chaque titre dans sa particularité, car chacun semble avoir sa propre histoire, sa propre ambiance. Mais ce serait passer à côté de l’unité de l’album, qui justement ne pâtit pas de ce vaste spectre musicale. Le chant, qu’il soit francophone, anglophone ou germanophone, magnifie de la même manière la musicalité générale. Manquant de maîtrise sur les autres langues, nous restons particulièrement touchés par la beauté du verbe dans la langue de Molière (Lenz, Poème En Or, Providence).

Nous aimons, vénérons presque Rodolphe Burger pour son jusqu’au-boutisme musical qui ne prend jamais le pas sur la beauté, le confort d’écoute. Il y a du Bowie dans cette approche, l’expérimentation sans jamais partir dans l’élitisme. Rodolphe Burger est une éponge au grain vocal noir qui lui confère une profondeur indéniable, son intégrité ne lui en fera jamais abuser. Et, encore une fois, tout cela donne un album délié, véhiculant presque malgré lui une forme de sérénité des plus admirable.

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La disco de Rodolphe Burger