Sharon Van Etten - Epic

Epic


Un album de sorti en chez .

7

Je me souviens assez bien de l’effet qu’avait produit sur moi la voix de Sharon Van Etten. C’était lors de l’été 2009, il n’y avait pas grand chose à se mettre sous l’oreille et l’album “Because I Was In Love” avait quelque peu apaisé la chaleur estivale qui abrutissait toute forme de vie aux alentours. […]

Je me souviens assez bien de l’effet qu’avait produit sur moi la voix de Sharon Van Etten. C’était lors de l’été 2009, il n’y avait pas grand chose à se mettre sous l’oreille et l’album “Because I Was In Love” avait quelque peu apaisé la chaleur estivale qui abrutissait toute forme de vie aux alentours. Avec sa voix grave et imparfaite, Sharon m’était apparue comme “marquante”. Cette année, l’américaine (de Brooklyn) revient avec un album tout aussi chaud, brûlant même. “Epic” viendra probablement apporter douceur et joie sur cet hiver précipité.

Malgré la rapidité avec laquelle s’écoule ce disque court composé de huit titres, sa course épique (facile je sais) est addictive. Sharon a poussé un cran au dessus ses compositions, elle s’éparpille moins et livre tout simplement un des meilleurs disques de l’année (si c’est encore possible). C’est avec douleur mais humilité qu’elle semble mettre à nu sur ce disque quelques blessures. Pour preuve “Never let myself love like that again” sonne comme un cri de douleur saisissant sur A Crime. La simplicité de ses chansons sont indéniablement portées par un chat bouleversant de grâce et une production bien plus léchée.

“Epic” est la confirmation d’un talent. Pedal-steel, percussions, viennent ébouriffer une voix toujours aussi sauvage et insaisissable, d’une émotion poignante, d’une douceur infinie. La langueur de Save Yourself , le punch de Peace Signs (une des plus belles chansons de l’année) et Don’t Do It sont symptomatiques d’un disque très électrique et réfléchi malgré le peu de temps consacré à l’enregistrement. Aussi indispensable que le premier album, “Epic” est toutefois plus structuré, cohérent et surprenant d’émotions, jusqu’au renversant Love More final (joué une fois par Bon Iver en concert et également repris par The National pour la petite anecdote).

Chroniqueur