Animal Joy


Un album de sorti en chez .

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Il est amusant de constater que depuis leur séparation en deux entités bien distinctes, Shearwater et Okkervil River n’ont jamais sonné aussi rock. C’était notamment le cas l’an dernier pour « I Am Very Far », dernier album en date du groupe dirigé par Will Sheff, ça l’est également pour « Animal Joy », le septième album de la […]

Il est amusant de constater que depuis leur séparation en deux entités bien distinctes, Shearwater et Okkervil River n’ont jamais sonné aussi rock. C’était notamment le cas l’an dernier pour « I Am Very Far », dernier album en date du groupe dirigé par Will Sheff, ça l’est également pour « Animal Joy », le septième album de la formation dirigée par Jonathan Meiburg. Les deux anciens acolytes nagent ainsi à contre-courant du mouvement qui veut que l’on s’assagisse en vieillissant, ce n’est pas les exemples de rockers s’essayant au folk qui manquent en ce moment (Thurston Moore et Jay Mascis notamment).

Ce changement de cap est d’autant plus surprenant chez Shearwater que la formation d’Austin avait été créée au départ pour accueillir les compositions les plus « douces » imaginées par le duo Sheff/Meiburg. La séparation en deux entités bien distinctes a certainement libéré les deux songwriters qui peuvent désormais voler de leurs propres ailes et assumer leur leadership. Jonathan Meiburg ne s’en est d’ailleurs pas privé sur la trilogie entamée par les chefs d’oeuvres « Palo Santo » en 2006 et « Rook » en 2008 et achevée par le décevant « The Golden Archipelago » en 2010. Le groupe texan avait alors promis du changement pour le futur sans préciser réellement ce qu’il entendait par là.

Le résultat est donc ce septième album, le premier chez Sub Pop, sur lequel Meiburg et sa bande de fidèles (son ex-femme Kim Burke à la basse et Thor Harris à la batterie) montrent d’emblée les biscotos. « Animal Joy » ne fait que confirmer l’évolution entamée sur les précédents albums, à savoir un son plus rock, moins orchestré, des titres plus accrocheurs au détriment d’une certaine sensibilité qui faisait tout leur charme. Pas sûr que cela parle à tout le monde, notamment aux fans les plus anciens, mais en toute objectivité cela reste du Shearwater dans l’âme (Animal Life ; You as You Were ; Insolence), difficile de le nier, ce qui n’est pas forcément le cas de tous les titres présents sur l’album (Breaking the Yearlings ; Immaculate).

Au final on ressort de ce disque partagé entre 2 sentiments contradictoires. Premièrement, en tant que fan de longue date de ce remarquable groupe, la déception de ne pas retrouver la grâce et l’élégance d’un « Palo Santo » ou d’un « Rook ». Deuxièmement, le plaisir de retrouver malgré la déception première, les éléments principaux qui ont fait de Shearwater un groupe qui compte dans la sphère indé. Un groupe capable souvent du meilleur et quelque fois d’un pire bien meilleur que 60% de la production actuelle. On s’en contentera pour cette fois.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Animal Life
  2. Breaking the Yearlings
  3. Dread Sovereign
  4. You as You Were
  5. Insolence
  6. Immaculate
  7. Open Your Houses (Basilisk)
  8. Run the Banner Down
  9. Pushing the River
  10. Believing Makes it Easy
  11. Star of the Age

La disco de Shearwater