Jessica Rabbit


Un album de sorti en chez .

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Quatrième album pour le duo electro-rock, ou comme bon vous semblera de le qualifier.

2016, année terrible pour l’electro-rock. Pas sûr que l’épiphénomène fasse les gros titres quand on fera le bilan de l’année musicale, et pourtant. Au coeur de l’été, Crystal castles avait pourtant globalement réussi son opération survie avec un album qui, à défaut d’être brillant, pérennisait une entité que beaucoup voyaient en péril. Du moins provisoirement, car pour eux aussi tout reste à faire. Le mois dernier, Phantogram sortait son nouvel album et se prenait en revanche une sérieuse gamelle en diluant son cocktail abrasif de textures technoïdes et de chant glamour dans une bassine de variété tape-à-loeil. Troisième volet, « Jessica Rabbit », nouvel album de Sleigh bells. A l’écoute du dit objet, on repense à un article paru récemment qui s’interroge sur les frontières de plus en plus poreuses entre musique indé et mainstream. Sleigh bells, depuis ses débuts, avait tout pour apparaître comme un cheval de Troie du mainstream infiltré dans la sphère indé : Alexis Krauss, la voix du duo, faisait auparavant partie d’un « teenage band » et leur musique, toujours très dansante en dépit de ses scories bruitistes, lorgnait du côté de cette variété mainstream honnie. Mais l’argument du duo était justement de se servir des codes du mainstream pour mieux les dévoyer. Mission en partie réussie sur leurs précédents albums, même si on avait le droit de rester perplexes.

Avec « Jessica Rabbit », cependant, le masque tombe. La raison principale en est certainement que, cette fois, Alexis Krauss s’est vue remettre les clés du camion sans discussion. Conséquence, le long des quatorze titres (quatorze !!) de l’album, elle nous déverse à la figure des lignes de chant d’une laideur incommensurable, avec une emphase qui dès It’s Just Us Now et son pont pathétique fait virer l’écoute au cauchemar auditif. Derrière, Derek Miller s’efforce d’exister, jusqu’à la caricature en redoublant d’artifices qui, à ce niveau, ne sont plus de grosses ficelles mais de la solide corde qu’il se passe autour du cou : pseudo-lignes de guitare grondantes sur It’s Just Us Now, grasses sur I Can’t Stand You Anymore, synthés vintage pompiers sur Lightning Turns sawdust Gold, etc… A côté, pas une dynamique qui ne sonne comme déjà entendue ou qui décolle du sol, qui à ce stade n’est pas loin de s’ouvrir sous les pieds du duo. « Jessica Rabbit » a au moins une vertu : illustrer que la frontière entre bon et mauvais goût, recherche du succès auprès du plus grand nombre ou prépondérance de la démarche artistique, ça existe toujours. Tenter de se tenir entre les deux comme un équilibriste sur un fil, pourquoi pas. Mais quand on tombe du mauvais côté, plus dure est la chute.

Rédacteur en chef
  • Publication 1 273 vues11 novembre 2016
  • Tags Sleigh BellsLucky Number
  • Titres recommandés It's Just Us Now
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Tracklist

  1. It's Just Us Now
  2. Torn Clean
  3. Lightning Turns Sawdust Gold
  4. I Can't Stand You Anymore
  5. Crucible
  6. Loyal For
  7. I Can Only Stare
  8. Throw Me Down The Stairs
  9. Unlimited Dark Paths
  10. I Know Not To Count On You
  11. Rule Number One
  12. Baptism By Fire
  13. Hyper Dark
  14. As If

La disco de Sleigh Bells

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Jessica Rabbit

Bitter Rivals
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